A Bonn avec le Climate Express

A Bonn avec le Climate Express

Vous vous souviendrez de la création du Climate Express, en 2014, lorsque quelques activistes de l’Université de Gent louèrent un train pour Varsovie. L’année suivante, avec l’ensemble de la Coalition Climat, nous mobilisions largement pour affréter un train vers Paris, afin d’y manifester pour la COP21. Malheureusement les attentats de novembre 2015 en décidèrent autrement et nous nous sommes alors repliés sur Ostende. Cette année-là, un peloton cycliste était tout de même parvenu à rejoindre Paris.

Pour cette COP23, à Bonn, nos amis du mouvement Climate Express ont décidé de mener l’expérience cycliste à plus large échelle : c’est ainsi que le mercredi 1er novembre, 350 cyclistes démarraient le périple à Tour & Taxis, certains pour nous accompagner quelques kilomètres, la plupart pour aller jusqu’à Bonn. 300 cyclistes francophones et néerlandophones, jeunes et moins jeunes, garçons et filles, de toutes les régions de Belgique, ont ainsi pédalé trois jours durant, franchissant 300 km, logeant dans des halls de sport et des écoles. Les activistes de Kokerellen pourvoyaient aux repas. Photos 

Le climat fut radieux, nous avons longé des mines de lignite, ces grandes mines à ciel ouvert rendues médiatiques par les actions de blocage de Ende Gelände, qui a profité que la COP23 se déroulait en Allemagne pour organiser une action de blocage ce dimanche 5 novembre. Une cinquantaine de cyclistes du Climate Express se sont joints à l’action, et ont entraîné avec eux un journaliste de la VRT. Ainsi, les porte-parole du mouvement, Charlotte Scheerens et Samuel Lietaer, ont été interviewés sur place pour le JT de la VRT.

A Bonn même, le samedi 4 novembre, nous avons manifesté aux côtés de 25000 autres activistes pour la protection du climat, venus des 4 continents : ainsi les Pacific Climate Warriors, ces témoins de la montée des eaux dans les îles du Pacifique soutenus par 350.org, qui ont rencontré en Allemagne les habitants de villages menacés par les mines de lignite et leur ont fait des offrandes rituelles, signifiant ainsi que tous les peuples menacés par les industries fossiles doivent s’unir pour résister ensemble. Les Pacific Climate Warriors ont aussi participé, consternés, à l’action de blocage de la mine, orchestrée par Ende Gelände.

Ce lundi 6 novembre, les négociations de la COP 23 débutaient, sous la présidence des îles Fidji, accueillant dans leur délégation notre expert Jean-Pascal van Ypersele. Diverses représentantes des ONG Belges suivent les négociations de près : Véronique Rigot du CNCD, Brigitte Gloire pour Oxfam, Noé Lecocq pour Inter-Environnement Wallonie, Julie Vandenberghe pour le WWF

C’est ainsi que l’on apprend que la Belgique, sommée par l’Europe de réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, essaye « d’introduire des mécanismes de flexibilité, qui vont avoir un très grand impact sur l’objectif réel », avertit Julie Vandenberghe dans La Libre du 6 novembre. Il s’agit par exemple de « recycler des émissions polluantes non utilisées par les entreprises pour les réinjecter dans le paquet « non industriel », pour faire moins d’efforts dans le transport ou le logement », ou de promettre de laisser « indemnes des forêts, ce qui permet « d’épargner » des réductions d’émissions dans d’autres secteurs… Tout cela pour retarder les efforts à entreprendre, au lieu de s’y mettre tout de suite, comme le font les Pays-Bas, titillés il est vrai par leur société civile. Rappelez-vous le procès De Klimaatzaak, gagné en 2015 contre l’Etat, jugé coupable d’inaction climatique. Cette victoire a inspiré une action similaire en Belgique, l’affaire Climat. Celle-ci est toujours en cours.

Il convient donc de maintenir la pression sur nos décideurs, en particulier la Ministre Marie-Christine Marghem. Dans cette optique, après avoir participé à l’épopée cycliste du Climate Express et manifesté dans toutes les langues à Bonn, Associations 21 relaie les actions orchestrées en Belgique même le WE de la fin de la COP 23, les 18 et 19 novembre 2017. Le 18 novembre, une masse cycliste est organisée à Bruxelles : gageons que les valeureuses et valeureux cyclistes de la Toussaint s’y retrouveront avec joie. Tant qu’à manifester, autant le faire dans la bonne humeur ! Rendez-vous Porte de Namur à 14h !

 

By | 2017-11-07T12:34:48+00:00 novembre 7th, 2017|Categories: Energie - Climat, On y était !|0 Comments

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