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5 ans du Réseau des Positive Entrepreneurs

mise en ligne : jeudi 24 mars 2016

Ce lundi 21 mars 2016 à Bruxelles, le Réseau des Positive Entrepreneurs, initié par POSECO fêtait ses 5 ans. L’occasion d’une séance protocolaire au Parlement Fédéral où les entrepreneurs sociétaux ont adressé leurs propositions aux représentants politiques.

18 propositions d’actions concrètes ont été présentées par des entrepreneuses et entrepreneurs sociétaux et des acteurs de terrain à des députés des différents partis politiques ainsi que des représentants du monde académique, institutionnel, économique et associatif. Vous pouvez retrouver en ligne ces propositions résumées ci-dessous et les moyens par lesquels vous pouvez contribuer à leur réalisation :

  • 1. Education, repenser ensemble, fondamentalement, l’enseignement : Au travers d’une collaboration incluant diverses parties prenantes, principalement la nouvelle génération, nous voulons repenser et co-construire l’école de demain pour qu’elle devienne un lieu où l’épanouissement, l’émancipation par l’implication, le vivre ensemble et l’altruisme seront des valeurs clés. Ce point est présenté par Solène Thibaut de la Fondation Ashoka.
  • 2. Intégrer l’économie positive dans les formations : Intégrer au sein de l’ensemble des formations et filières les concepts de l’économie positive et les exemples existants démontrant qu’il est possible de combiner contribution sociétale/environnementale et viabilité financière dans tous les secteurs et métiers. Etienne Huvelle de l’asbl Small is powerfull a pointé à cette occasion l’importance pour chacun de trouver un travail qui ait du sens, ce que nous avions affirmé haut et fort lors du Forum de la Transition Solidaire, le 1er avril 2015. Et de remarquer que les modèles sociétaux ne sont pas ou peu présentés dans les formations : il convient de les faire connaître et de les valoriser dans tous les secteurs et auprès de tous les enseignants, de permettre aux jeunes de lancer et gérer des projets pilotes.
  • 3. Créer de nouveaux modes de gouvernance : Changer les modes de gouvernance des entreprises et des institutions afin de créer une plus grande dynamique collective et la possibilité pour chacun de contribuer au projet. Vincent Oury, directeur d’Autre Terre a rappelé que des modèles de démocratie directe étaient expérimentés depuis parfois des années dans les entreprises d’économie sociale, et a suggéré un cadre légal favorable à ce type de gouvernance, tant dans les entreprises que dans les institutions publiques.
  • 4. Redonner sa place à l’humain dans nos organisations : Aider les entreprises afin de les rendre plus inclusives et ‘worker-friendly’ (adaptées au travailleur) en favorisant la diversité et l’égalité au sein des organisations. Mais également en repensant le rapport Temps/Implication/ Epanouissement, comme l’a expliqué Caroline Beyne de l’organisation Levanto.
  • 5. Changer la finalité des entreprises classiques : Soutenir les entreprises "classiques" dans leur transition pour que leur finalité soit en phase avec les objectifs du développement durable de l’ONU. Mais, comme l’a affirmé Bach Kim Nguyen, de BeeOdiveristy, la vraie question n’est-elle pas « est-ce que les organisations dites « classiques » ont une finalité purement opportuniste pour une minorité de bénéficiaires ou doivent-elles aussi contribuer à répondre aux défis sociétaux et environnementaux actuels ? » Poser la question c’est y répondre, en rappelant le cadre de l’Agenda 2030 de l’ONU et que le profit n’est pas un but en soi.
  • 6. Systématiser les critères sociétaux dans les marchés publics : Selon Chris Derudder de Dauranta, il est cohérent et indispensable que les gouvernements montrent l’exemple en systématisant l’application des critères sociétaux et écologiques dans l’attribution des marchés publics afin d’augmenter l’accès des entreprises sociétales à ces marchés.
  • 7. Financer l’innovation sociale : Il s’agit de financer à même hauteur la recherche sociale que la recherche technologique ou scientifique, explique Claire de Kerautem de l’association 1 toit 2 âges, qui met en contact des personnes âgées avec des jeunes en quête d’un logement.
  • 8. Appliquer une vision systémique et valoriser les dynamiques co-créatives : Les entrepreneurs sociaux ainsi qu’Emilie Meessen de l’asbl Infirmiers de Rue considèrent l’innovation sociale comme « révolutionnaire » si elle s’attaque bien à la base du problème, à sa source et vise à résoudre celui-ci de façon durable, gardant à l’esprit une vision globale de la problématique. Ils souhaitent valoriser les dynamiques créatives afin de faire face aux défis sociétaux d’aujourd’hui. Ainsi, l’innovation sociale doit être abordée dans une vision systémique pour en augmenter l’impact.
  • 9. Promouvoir les idées positives et encourager les médias à se questionner sur leur impact sociétal, à être plus conscients et attentifs aux conséquences psychologiques de leurs programmes sur la population, qu’ils considèrent leur fonction d’exemplarité et explorent de nouvelles sources dans la construction de nouveaux contenus : Christophe Koninckx et Emulations Durables font partie du réseau européen d’agences ayant produit l’exposition We are the climategeneration. Il évoque aussi l’initiative flamande des Radicale Vernieuwers comme source d’inspiration.
  • 10. Etudes et statistiques : Nous voulons connaître l’ampleur du secteur et son impact : Il s’agit que des études soient réalisées afin d’obtenir des statistiques fiables et objectives sur le secteur de l’entreprenariat sociétal au sens large au travers de la recherche universitaire, des bureaux d’études ou d’institutions publiques telles que le Bureau du Plan, plaide la Sociaal innovatie fabriek représentée par Kaat Peeters.
  • 11. Soutenir l’émergence de nouveaux talents et projets d’entreprises sociétales : Il faut donner aux personnes le goût d’entreprendre, en encourageant la prise de risques et en rassurant via les rencontres avec d’autres porteurs de projets novateurs partageant les mêmes réflexions. Il faut ensuite donner confiance et valoriser les personnes expérimentant de nouveaux modèles. Corinne Dumont, de Sequoia bio, qui existe depuis près de 30 ans à Bruxelles, porte cette proposition, évoquant aussi les projets hybrides entre asbl et entreprises.
  • 12. La reconnaissance des réseaux, et la nécessité de financer les acteurs de terrain de manière structurelle, est présentée par Philippe Delstanche de l’asbl Next Planet. Les réseaux sont complémentaires aux acteurs de terrain, ils permettent des actions collectives. Les demandes pour ce type de structure sont en forte croissance. Leur reconnaissance devrait se faire par un financement structurel venant des pouvoirs publics sans pour autant limiter les libertés, l’originalité et l’énergie portées par ces structures, ce qui leur permettrait d’amplifier leur travail et de changer d’échelle.
  • 13. Soutenir les entreprises en phase de post-création  : une des spécialités de Groupe One, représenté par Maximes Bacq qui demande à l’État de mettre en place d’une part un accompagnement moral de l’entrepreneur pour l’aider à prendre du recul sur les changements de son activité. Et d’autre part, de prévoir des aides financières spécifiques pour soulager les entrepreneurs sociétaux, qui ont besoin de plus de trois ans pour assurer la rentabilité de leur business model.
  • 14. Dans le cadre de la simplification administrative, un statut spécial est demandé pour les entreprises sociétales qui insistent, tout comme les autres PME, sur une nécessaire réduction du nombre de procédures et de frais qui les accompagnent lors de leur création. Par ailleurs, un statut spécifique pour les entreprises sociétales permettrait une reconnaissance et une identité spécifique, témoigne Isabelle Ratzel de Biorganic Factory, une entreprise confrontée comme les autres aux procédures administratives.
  • 15. Les acteurs financiers sont aussi invités à créer des outils et services financiers diversifiés, adaptés et efficients pour les entrepreneurs sociétaux prône Anna Balez, fondatrice de Tale Me qui propose des vêtements de créateurs pour futures mamans et enfants, à échanger tous les 2 mois.
  • 16. Promouvoir les dynamiques économiques locales : Vincent Picquet, de la Ferme Nos Pilifs affirme la volonté d’augmenter le nombre d’ancrages locaux des entreprises. Beaucoup s’investissent au sein de leurs communautés. Nous voulons privilégier les PME à échelle humaine qui renforcent le tissu social de la communauté. Le film « Demain » nous montre certains exemples tels que la ville en transition qui vise sa résilience, et limite le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, l’économie circulaire ou les coopératives citoyennes sont autant de pistes possibles. Il faut aussi promouvoir des entreprises locales dirigées par un actionnariat local.
  • 17. Co-construire les politiques publiques : Jean-Luc de Wilde, de la coopérative Paille-Tech, construisant des maisons en ossature bois remplies de ballots de paille et de terre, remarque que les décideurs politiques prennent parfois des décisions aux an-tipodes des besoins des entrepreneurs sociétaux. « Dans le but d’assurer la pertinence des décisions prises en lien avec l’entreprenariat, nous tendons la main vers les décideurs publics afin de co-construire les politiques publiques au travers de dy-namiques bottom-up, par exemple les alliances emploi-environnement, incluant les entrepreneurs sociétaux lors des phases de développement de ces politiques ».
  • 18. Thierry Vandebroeck de POSECO propose que nous construisions ensemble un futur positif. Dans le contexte de multi-crises actuel, les défis dépassent les initiatives individuelles d’ONG, de pouvoirs publics ou de citoyens. C’est par la coopération entre les parties prenantes que le visage de l’économie et de l’entreprenariat changera et deviendra plus humain. La ré-flexion collective se poursuivra via le site www.positive-future.be. Toutes idées, contributions ou contacts sont bienvenus pour approfondir ces thèmes.

En soirée, le Ministre Kris Peeters nous a rejoints. Il a vu dans le nom « positive entrepreneurs » une tautologie : selon lui, toutes les initiatives des entrepreneurs sont positives. Nous aurions aimé avoir l’occasion de lui expliquer que ça dépend ce qu’on produit et comment on entreprend ! D’où l’importance d’une finalité sociétale qui dépasse la notion de « responsabilité sociale des entreprises ».

Nous avons eu également l’occasion d’entendre les témoignages d’entrepreneurs audacieux et visionnaires, qui ont été interpellés par Peter Wollaert sur leur contribution à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Peter Wollaert travaille pour Unitar, (United Nations Institute for Training & Research). Il insiste sur les 5 P  : outre les 3 P déjà bien connus (people, planet, profit) il y en a 2 nouveaux dans l’agenda 2030 : ce sont les P de Peace et Partnership. De fait, la paix est bien la condition sine qua non d’un développement durable, une condition plus que jamais d’actualité !

Associations 21 traduira cette dimension par une recommandation d’éducation à la paix dans nos futurs contacts avec les instances régionales et communautaires, et par une exigence de cohérence des politiques, tant en interne qu’en externe, pour par exemple cesser d’alimenter en armes les Etats qui menacent la paix mondiale !


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