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Le DD interrogé par des militants de LST

mise en ligne : mercredi 23 juillet 2008

Article paru dans le Journal du Mouvement LST "Main dans la main" de mai et juin 2008

CONSTRUIRE UNE PAROLE

L’assemblée des militants a lieu trois fois par an. C’est l’occasion pour les militants de LST de se retrouver tour à tour à Andenne, à Namur ou à Jemelle. Nous vivons un moment de travail où nous réfléchissons en - semble à une question qui touche de près à notre vécu de pauvreté. Nous partageons aussi un repas simple où nous prenons plaisir à nous retrouver.

Lors des deux dernières assemblées des militants, nous avons regardé des extraits du film « We feed the world ». Nous avons perçu que, dans le monde, des hommes et des femmes sont exploités pour produire la nourriture pour les habitants des pays riches. Ces travailleurs vivent dans des conditions inacceptables et deviennent de plus en plus pauvres. Nous avons ensuite essayé de faire le lien avec la pauvreté chez nous. Nous avons réfléchi à ce qui se met en place chez nous pour que nous devenions plus pauvres. Nous voulons à partir de là construire une parole pour dire ce qu’est pour nous le développement durable.

RESPECTER LE RÈGLEMENT

Lors de notre dernière assemblée de militants qui a eu lieu à Andenne, nous avons poursuivi notre réflexion. A partir de notre vie et de différents témoignages, nous cherchons à identifier ce qui nous enferme ou au contraire ce qui nous libère.

Entre autres, un témoignage nous parle et nous choque. Au moment où elle va accoucher de son septième enfant, une maman perd ses allocations de chômage (sanction), est refusée pour le RIS et se retrouve sans revenu. Lors du recours en justice, celle-ci cautionne la décision car, dit-on, la maman n’a pas respecté le règlement. La maman, en effet, avait été convoquée par le FOREM et s’était rendue à l’in - vitation avec certains de ses enfants. Elle n’était dès lors pas disponible sur le marché de l’emploi.

LE JUGEMENT

De l’échange qui a suivi l’énoncé des exemples sont sortis les mots : intolérable, inacceptable, au moment de donner la vie (sacré), barbarie, exploitation... Alors que certains professionnels devraient nous aider, nous en avons peur à cause du contrôle, du jugement, de la condamnation. Si l’on regarde l’application des lois, nous sommes bien obligés d’admettre qu’il y a une marge entre son application stricte et la pression sociale et culturelle dominante.

Ainsi la façon dont on va apprécier notre façon d’être père ou mère se fera en fonction de l’image de père ou de mère véhiculée par la culture dominante. Cela va rarement dans le sens de la libération des plus pauvres. Nous savons que l’extrême pauvreté maintient les plus pauvres dans l’illégalité, dans une dynamique de survie.

LES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX

Nous nous questionnons : comment faire pour faire respecter, appliquer les droits humains fondamentaux : avoir un travail, un revenu, se loger, se nourrir, se soigner, avoir accès à la culture, vivre en famille, se former, s’associer ?

Ce sont des droits et non des lois. Comment sortir de l’oppression quand ce qui est mis en oeuvre pour lutter contre la pauvreté nous y maintient. Les plus pauvres doivent souvent payer cher ce que les autres décident. Jusque là, c’est la pauvreté qui est durable. Nous voulons nous rassembler pour dénoncer ces situations d’injustice et essayer d’affiner pour nous ce qu’est un développement durable.

Fabien Lardinois


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