Le temps : Le présent

mise en ligne : lundi 21 février 2011

L’idée de durabilité (quelque peu éloignée de son pendant anglais « sustainable ») interpelle notre présent avec malice, alors que nous avons l’impression de voir s’accélérer nos rythmes de vie.

La durabilité à l’épreuve de l’accélération

Ceux-ci se trouvent remarquablement analysés dans « Accélération, une critique sociale du temps », de Hartmut Rosa, éd. La découverte, 2010. Cet auteur constate la généralisation d’un sentiment d’urgence :

Tout s’accélère, et si on perd pied, on est exclu.
Tout change : les métiers, les machines, les familles, les opinions, l’actualité...
On peut voyager, consommer plus vite... Mais on n’a pas plus de temps pour en profiter !
On a plus de choses à faire mais pas plus de temps pour les faire !
Par-dessus le marché, l’adage « le temps c’est de l’argent » n’a lui, pas pris une ride : pour en gagner, il faut accélérer la production, faire travailler les gens toujours plus vite ! Pas étonnant que dans ces conditions, le travailleur se sente « comme un homme qui court sur un tapis roulant »...

Ces situations provoquent une perte de l’identité stable : il devient difficile de former un projet de vie ; certains jeunes « décrochent », beaucoup de gens font de la dépression...
On assiste enfin à une désynchronisation économique et écologique (la capture des ressources et les pollutions sont trop rapides pour que la planète puisse se régénérer), ainsi qu’à une désynchronisation de l’économie et de la politique : le débat politique étant moins rapide que les marchés financiers... Même l’actualité s’accélère : les événements se succèdent et sont vite oubliés !

Tout cela procure un sentiment d’instabilité permanente et une perte d’emprise théorique sur le monde. C’est pourquoi Hartmut Rosa considère ce phénomène comme une nouvelle forme diffuse de totalitarisme.

Des solutions

En 1986, en réaction à la multiplication des « Fast Foods » menaçant de dénaturer notre alimentation en la standardisant à grand renfort de marketing, l’Italien Carlo Petrini fonde le mouvement « Slow food ». En 2009, présent dans une centaine de pays, ce mouvement comptait 100 000 adhérents et près de 1000 « convivia ». Slow Food entend préserver la cuisine régionale de qualité, la biodiversité et la solidarité avec les producteurs. Ce mouvement a été décliné dans d’autres domaines avec cette idée de ralentir pour retrouver la qualité : des villes se dotent du label « cittaslow », aux Etats-Unis Woody Tasch crée la « Slow money Alliance » (www.slowmoney.org/). A l’heure où Internet accapare de plus en plus notre temps, le mouvement associatif a un rôle à jouer pour réhabiliter le débat en « live » et le travail collectif dans la durée, permettant une réflexion « posée », des processus de concertation à long terme entre des interlocuteurs apprenant à se connaître et à se comprendre, des débriefings et évaluations d’actions qui ont été exécutées dans la précipitation...

L’avis des associations :

Ligue des Familles

Mouvement Lutte Solidarité Travail

Réseau Financement alternatif


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Avec le soutien du Ministre fédéral du climat et de l’énergie.