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Une opposition croissante à la Table Ronde sur le Soja Responsable

Lettre ouverte de la société civile

mise en ligne : mardi 8 juin 2010

Les organisations signataires contestent le label « responsable » du soja développé par la Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS).

La tentative de cette table ronde de « greenwasher » une grande partie du soja génétiquement modifié produit en le labellisant « responsable » renforcera les problèmes causés par la production industrielle de soja au lieu de fournir des solution valables1.

On s’attend à ce que la RTRS lance son label responsable après sa conférence prévue en juin 2010 au brésil.

La production industrielle de soja a déjà causé de nombreux dommages sociaux et environnementaux en Amérique latine parmi lesquels des destructions d’habitats, de système de productions alimentaires locales, des déforestations, des dégradations de la fertilités des sols, l’exposition des populations locales aux pesticides toxiques et des déplacements à grande échelle de communauté locales et de petits agriculteurs2.

La production de soja à grande échelle à permis, dans le Nord, le développement sans précédant de l’industrialisation de la chaine alimentaire et le renforcement de la dépendance en alimentation animale importée. Elle a également favorisé la production animale non durable avec les effets négatifs sur l’agriculture, l’environnement et la santé, mais elle a aussi encouragé des mode de consommation non durable.

La production intensive de viande, de produits laitiers et d’œufs est un contributeur important aux émission global de gaz à effet de serre3. De plus le production d’huile de soja comme agrocarburant peut entrainer plus d’impact en terme de réchauffement que les carburants fossiles4.

Les entreprises multinationales tirent d’énormes profits aux deux extrémités de la chaine de ce système de production non durable.

La RTRS ne pourra arriver à atteindre les objectifs s’est fixé pour des livraisons de soja « responsable » parce que :

1) la table ronde RTRS manque de soutien et n’est pas représentative.
La RTRS prétend être « une initiative internationale multi-acteurs »5, mais en réalité l’accord a peu ou pas d’appui de l’agriculture familiale durable, des mouvements sociaux ou de la société civile, ni en Amérique latine ni en Europe. L’accord suscite au contraire de fortes critiques de ces organisations en particulièrement dans les pays producteurs de soja. En outre, les principaux acteurs de l’industrie brésilienne de soja - APROSOJA et ABIOVE6 - ont tourné les dos au projet de la RTRS suite aux désaccords sur l’inclusion même du très clause faible concernant le déboisement (voir point 2).

2) Les critères de la RTRS sont sérieusement insatisfaisants.
La RTRS prétend développer un label « responsable » pour le soja, mais celui-ci est basé sur un ensemble complètement insatisfaisant de principes et de critères.
Par exemple :

-OGM et pesticides : Le RTRS certifiera le soja génétiquement modifié comme responsable. La plupart de soja produite en Amérique latine est génétiquement modifié pour être résistant à l’herbicide glyphosate (l’herbicide est mis sur le marché par Monsanto qui vend aussi son Soja « RoundupReady »). Que le soja soit ou non OGM sa culture industrielle est basée sur la monoculture, qui a des impacts négatifs sur la biodiversité et les communautés locales, emploi un grand nombre de produits chimiques. Toutefois le soja OGM résistant au glyphosate à plus d’impacts négatifs sur la sécurité biologique que le soja non-OGM en particulier sur la vie et la fertilité des sols7. Alors que le soja OGM est vendu aux agriculteurs en affirmant qu’il permet de réduire des coûts de main-d’œuvre, l’emploi continu d’herbicides non spécifiques a des conséquences graves sur la vie et la santé des communautés vivant autour de ces plantations de soja. L’utilisation de soja OGM a également accéléré l’apparition de plantes résistantes à l’herbicide, qui posent aujourd’hui de graves problèmes sur des milliers de hectares de soja aux USA, en Argentine et au Brésil. Cette situation oblige alors les producteurs à recourir à nouveau à des pesticides plus dangereux tels que 2,4-D (un composant d’agent orange)8.

-Déboisement et l’expansion de soja : Les critères de la RTRS pour le soja « responsable » définis en mai 2009 n’empêchent pas de nouveaux déboisements. En effet, le soja « responsable » peut être cultivé sur des terres qui ont été déboisée aussi récemment qu’en mai 2009. De plus Le soja « responsable » pourra même être cultivé sur des terres qui seront déboisée à l’avenir, pour autant que le producteur peut fournir la « preuve scientifique » qu’il n’y avait aucune forêt primaire, ou que cette foret n’est pas de haute valeur pour la conservation (HCVAs) ou que la déforestation n’a pas affecté « la terre des peuples locaux » (critère qui n’est pas encore définie). La façon dont ces critères défectueux seront surveillés et imposés9 n’est toujours pas clair.

3) RTRS ne s’occupe pas des impacts au niveau macro de l’agriculture industrielle.
La RTRS ne s’occupe pas des déboisements, des émissions de gaz à effet de serre et les conflits sociaux provoqués par des déplacements d’activités agricoles (changements indirects d’affectation des sols). D’autres part les impacts liés à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et les pressions sur la terre et les ressources naturelles ne sont pas non plus pris en compte.

4) RTRS La table ronde prétend qu’elle est favorable au climat
Le soja « responsable » prétend être favorable au climat, mais fournirait en grande partie l’alimentation pour la production intensive et non durable de volaille, de bétail et d’agrocarburants. La RTRS a mené un lobby pervers à la conférence de Copenhague (2009) sur le changement climatique où elle a gagné avec le géant des biotechnologique Monsanto le prix internationale « Angry Mermaid Award 10 » pour le plus mauvais lobbying sur le climat. La RTRS a en effet chercher à obtenir l’accréditation de la directive européenne sur les énergies renouvelables RED afin de bénéficier de crédits carbone pour la production industrielle de soja dans le cadre de l’objectif européen fortement contesté des 10% d’agrocarburants11.
Certains des projets pilotes de la RTRS sont des projet d’agriculture à petite échelle, mais ceci ne peut pas masquer le fait que la majeur partie du soja « responsable » sera cultivée sur les plantations à grande échelle avec l’utilisation intensive de pesticides et sans aucune considération pour les populations locales ou l’environnement.

Les consommateurs ne peuvent actuellement pas voir l’ampleur des dégâts liés à la production de soja industriel (RoundupReady) parce que ceux ci ont lieu à des milliers de kilomètres de chez eux. Les grandes surfaces européennes utilisent le label RTRS pour communiquer sur leurs actions responsables tout en continuant les pratiques habituelles. Les grandes surfaces qui participe à la RTRS prennent aussi le risque de voir l’opinion de leurs clients se retourner contre eux.

Pour prendre en compte les impacts décrits ci-dessus, les organisations signataires exigent de vraies solutions permettant d’aller vers des systèmes de production alimentaire durable qui incluent :

Une transition des systèmes de production basée sur la monoculture, vers des systèmes agro-écologiques, la diversification de la production et le soutien de la production locale destinées aux marchés locaux qui contribuent à la sécurité alimentaire et à la souveraineté alimentaire dans les pays producteurs et importateurs
Le soutien à de véritables réformes agraires et au respect du droit à la terre dans les pays producteurs de soja qui prenne en compte l’injuste concentration de la propriété foncière.
Le changement des modèles de production et des modèles de consommation afin de répondre de façon durable et équitable à la demande des 9 milliards de personnes qui vivront sur terre en 2050. Cela implique la réduction de la surconsommation et les gaspillages observés dans les pays industrialisés12.
L’abandon de la production intensive de viande, de produits laitiers et d’œufs au profit de système de production à faibles apports externes.
La réduction de la dépendance de l’Europe en protéines végétales importées et le soutien de la transition vers des système d’élevage de bétail basé sur l’herbe.
L’arrêt de la promotion de la production d’agrocarburants comme une solution aux problèmes de réchauffement climatique pour les pays riches et développer à la place de meilleurs systèmes de transports qui réduisent la demande en énergies et en carburants.

Version originale en anglais et références bibliographiques

Les organisations signataires

Friends of the Earth International
Global Forest Coalition
ASEED Europe
Corporate Europe Observatory
Econexus
Food and Water Europe
GM Freeze, UK
Soy Alliance, UK
VELT, Belgium
Wervel, Belgium
CNCD, Belgium
Associations 21, Belgium


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