Alliances emploi-environnement à Bruxelles en Wallonie

A Bruxelles, la première « Alliances emploi-environnement » (AEE) a démarré en mars 2011, avec un premier axe « construction durable ». Début 2012, c’était au tour du Gouvernement Wallon de lancer une AEE construction durable. Le point sur ces processus.


A Bruxelles, la première « Alliances emploi-environnement » (AEE) a démarré officiellement en mars 2011, avec un premier axe « construction durable ». Objectif : transformer la réduction des consommations énergétiques en opportunités d’emplois.

Le 9 février 2012, le gouvernement Wallon scellait à son tour une alliance emploi environnement wallonne avec 41 partenaires, sous formes de contrats multi-sectoriels, pour mettre en oeuvre un ambitieux plan de relance axé sur la construction et la rénovation durable en Wallonie.

Questions en débat : quel rôle dans ces processus pour les associations ? Est-il opportun de s’y impliquer au même titre que d’autres partenaires sociaux ? Ou vaut-il mieux jouer un rôle d’observateurs attentifs pour vérifier notamment comment sont pris en compte les critères de durabilité dans ces programmes ?Ainsi, comment les préoccupations sociales sont-elles traduites dans les AEE ? Quels types d’emplois y sont créés ? Sont-ils toujours respectueux des conventions collectives ?

Afin de pouvoir répondre valablement à ces questions, nous avons tout d’abord écouté Gilles Devillers, coordinateur externe de l’AEE de Bruxelles (soc. Perspective Consulting) nous dresser un 1er bilan de l’AEE bruxelloise. Caroline Evrard, coordinatrice de l’AEE wallonne, était malheureusement empêchée. C’est donc Baudouin Germeau, directeur d’Espace Environnement, qui nous a présenté l’AEE Wallonne, et l’idée de mutualiser des compétences et expériences associatives bruxelloises et wallonnes dans le cadre des AEE wallonne et bruxelloise. Jean-Denis Ghysens d’IEW a complété ses explications.

Présentation de l’AEE Bruxelloise par Gilles Devillers

A Bxl, l’AEE a été lancée officiellement le 10/12/2009. Les 3 cabinets porteurs ont désigné un coordinateur externe pour animer le processus, en partenariat avec RDC environnement et Ecores. Cfr website pour les partenaires et pour le contexte, la théorie d’action, le processus, la stratégie, la phase exécution, les outils développés.

En bref, c’est parti de la nécessité de lutter contre les gaz à effet de serre (le bâtiment est le 1er émetteur de GES en RBC, soit 69% et la consommation énergétique représente 72% au total) tout en répondant au défi du taux de chômage élevé à Bruxelles, où il y a de nombreux demandeurs d’emploi peu qualifiés, un parc immobilier ancien, et un secteur de la construction très présent à Bxl. L’impact de ce secteur complexe est énorme: construire mal c’est créer des boulets énergétique pour des années. De plus il y a beaucoup de travailleurs au noir. Il fallait aussi vérifier dans quelle mesure une partie de ce secteur maîtrise déjà les techniques de construction durable.

La construction offre un gros potentiel de création d’emplois. Incitants créés ces dernières années : primes… et incitants pour entreprises. La perspective est de réorienter la demande mais aussi d’y répondre car si elle ne trouve pas l’offre à Bxl, elle ira la chercher ailleurs. Donc à Bxl, il faut se focaliser sur l’offre: tant les entreprises classiques que celles de l’économie sociale; les aider à entamer leur transition vers la construction durable pour capter la demande endogène voire pourquoi pas aussi capter celle des régions ou pays avoisinants.

Ainsi, dans le cadre de l’AEE, une étude, « Brussels sustainable economy (BSE) » a été réalisée sur les filières économiques vertes dans lesquelles Bxl devrait investir pour devenir un leader, On a donc pu identifier les secteurs porteurs (comme les pôles de compétitivité wallons mais verts). A présent, le travail avec les entreprises vise à faciliter l’embauche de travailleurs bxlois pour maximiser les retombées favorables à l’emploi bxlois.

Côté demande: dans la durée, il faut aussi tenir compte d’une augmentation de la demande du fait de la pression démographique (il faut 4000 à 7000 logements en plus par an pour accueillir 150.000 nouveaux bxlois en 2020) –> D’office la demande de rénovation augmente. D’où le message de l’AEE aux entreprises : si vous ne faites pas la transition maintenant, petit à petit, vous n’aurez plus de clients. C’est un fait inéluctable…

Besoins de la demande:

 savoir quel sera le retour sur investissement.

 Transparence et assurance que la nouvelle technologie sera fiable

 moyens financiers.

Incitants pré-existants à l’AEE pour répondre à ces besoins : soutien à la solvabilité, transparence des factures, etc.

Besoins de l’offre : elle doit pouvoir trouver sur le marché de la main d’oeuvre qualifiée. Elle doit pouvoir investir, trouver des méthodes adaptées pour répondre aux nouvelles demandes. Puis une fois devenue une entreprise de construction durable, elle doit pouvoir être reconnue, montrer son avantage concurrentiel et avoir accès aux nouveaux matériaux & équipements.

Pour réponse aux différents types de besoins, 8 ateliers ont été organisés dans le cadre de l’AEE:

 l’insertion professionnelle ;

 l’enseignement en construction ;

 la formation ;

 les outils de soutien aux entreprises ;

 l’accès au financement des entreprises ;

 la recherche et l’innovation ;

 l’excellence (certification, label, charte, …) ;

 les références techniques sur les méthodes de mise en œuvre.

Processus :

 Intégré: on vise à couvrir l’ensemble des besoins des travailleurs, des entreprises, des clients.

 Participatif : actions discutées au sein des ateliers avec les différentes parties prenantes et non en cabinet. Aussi les actions mises en oeuvre le sont de préférence de manière collaborative, de manière à impliquer d’autres opérateurs, favoriser de nouvelles collaborations et ainsi trouver des réponses innovantes. Il y a une volonté de maintenir cette dynamique participative dans la durée.

 Évolutif : pas de verrou, on peut ajouter des choses. En mars 2012, un nouvel accord de gouvernement a intégré de nouvelles actions et en a revues. Les besoins évoluent, certains s’éteignent & d’autres apparaissent.

 Selon deux logiques parallèles et croisées : bottom up / top down, notamment pour assurer un suivi et une possibilité d’évaluation.

 Bottom up : 8 ateliers dans lesquels ont participé toutes sortes d’opérateurs. Au total 110 participants en 24 GT qui approfondissaient des points évoqués en ateliers. De là sont sortis 29 organismes pilotes (certains pilotant plusieurs actions) –> 44 actions. Un moment on avait 123 propositions d’actions! On a alors établi des critères pour fixer des priorités (ex. maturité d’une proposition, enjeu…) Certaines actions ont été regroupées.

 Top down : si on laisse tout le monde réfléchir sans coordonner, ça part dans tous les sens et il y a des doublons. Une réflexion d’ensemble doit articuler le tout et établir une stratégie en différents axes.

 Phases: élaboration (identifier pilotes et actions, publication du guide) – exécution (les acteurs mettent en oeuvre + suivi).

Calendrier d’exécution :

 depuis le début de la législature en juin 2009

 Accord de gouvernement en février 2010

 Ateliers de mai 2010 à mars 2012.

 Un comité de suivi valide l’ensemble des actions.

 Février 2011: signature du 1er accord de l’AEE : « construction durable », avec budget.

 Fin mars 2012: la 1ère année de mise en oeuvre vient de s’achever. On vient de passer un nouvel accord pour repartir pour un an avec un nouveau budget et de nouveaux ateliers.

Parcours d’une entreprise vers la construction durable : cercle vertueux. Il faut maîtriser le concept et le potentiel du marché; former ses travailleurs, vendre, honorer ses commandes, se faire reconnaître sur le marché (labels), investir, se développer, recruter…

Ce schéma sert pour le suivi de l’AEE, avec les questions qu’on doit se poser, les indicateurs: ex. l’AEE a-t-elle permis d’augmenter le niveau de maîtrise?

Classement des actions dans des axes et mesures : exemples…

 Information des professionnels via un portail unique

 Formation des dirigeants ou des travailleurs (pas celle des demandeurs d’emploi)

 Clusters pour développer ensemble un savoir faire et faciliter la promotion. Le cluster Éco-build vise à couvrir toute la chaîne depuis la stabilisation du sol jusqu’au jardin en passant par le gros-oeuvre, etc.

Cluster / grappe:
Le cluster n’est pas une création de l’AEE, c’est un acteur qui pilote différentes actions (il existait avant). Dans un cluster on peut avoir des entreprises concurrentes. Elles ont une thématique commune. Dans une grappe, il s’agit plutôt d’être complémentaire pour pouvoir faire une offre groupée.

A Bxl il n’y a encore que des clusters. En RW il y a aussi des grappes, vu l’intérêt d’offres groupées pour ce territoire plus étendu. A Bxl, on veut aussi construire des grappes pour reconstituer la chaîne de valeurs et étoffer les membres. Contrairement aux clusters wallons, le cluster Écobuild n’a pas encore de personnalité morale. Il est abrité par et localisé à l’ABE (Agence bxloise pour l’économie), à Tour & Taxis.

Enjeu : formaliser des critères permettant de caractériser les entreprises de construction durable. La définition de l’habitat durable est évolutive. Or un moment donné, il faut savoir de quoi on parle ensemble –> labellisation des matériaux (prise en compte de l’ensemble de leur cycle de vie) / des entreprises / des bâtiments ou de certains aspects : accès, déchets, localisation… Ainsi l’Union Wallonne des Entreprises attire l’attention sur l’efficacité, l’énergie grise…

Actuellement, Écobuild regroupe des entreprises qui se réclament de la Construction durable et à ce stade ça suffit car il s’agit de soutenir les intéressés. Certaines entreprises sont plus loin que d’autres.

Questions et réactions:

 Ce processus ne favorise-t-il pas les gros acteurs ? Non, des petits participent aussi. Les gros ont d’autres moyens d’information ou de valorisation. Au contraire, dans les clusters, on trouve plutôt des PME.

 Quid de l’économie sociale (ES) ? Là aussi on constitue des grappes et on identifie des marchés de niche. Le débat sur l’emploi ES a lieu continuellement dans le groupe insertion. FEBISP et son équivalent flamand FEBIO, Casablanco… s’y retrouvent face à la fédération construction –> discussion: le secteur n’a pas de problème avec les travailleurs de la Commission paritaire 124 (conditions salariales du secteur construction) mais critique les autres. Dans le cadre de ce groupe, les opérateurs apprennent à se comprendre. Petit à petit, cela permettra un accord. En tout cas, il y a déjà eu accord sur des actions. Exemple: action 25 –> mobiliser l’ES sur des niches porteuses d’emploi. Là la rédaction de la fiche a aussi fourni matière à discussion.

 Niches : déconstruction, aide aux ménages pour les petites mesures d’URE + rénovation de châssis en bois. Problème : si on met les gens en insertion dans des niches qui n’intéressent pas les entreprises classiques, de facto ça ne leur permet pas de s’insérer dans le marché privé. Cependant, là, de toute façon, les entreprises ne développeront pas d’offre. Donc ça permet à ces gens de se former puis de pouvoir valoriser cette formation sur le marché (en RW, on parle plutôt de bouquet de travaux. Quand ces travaux sont petits, ça permet à une entreprise d’ES de faire de la formation).

 Qui a participé aux ateliers? Plutôt des opérateurs que des entreprises : missions locales, fédérations… On escompte que ces instances communiquent à leurs membres. L’AEE n’a pas directement d’action de terrain.

 Les réseaux d’enseignement ont-ils été associés? D’abord le cadre institutionnel de l’AEE permet d’associer les acteurs de 3 compétences : économie & emploi (Cerexhe), environnement (Huytebroeck) et affaires générales (Picqué, ministre président). Ensuite, il faut distinguer la formation des demandeurs d’emploi qui incombe à Bxl Formation, et l’enseignement de plein exercice. Là, ça reste difficile d’associer les acteurs car ça dépend de la Coté Française (qui n’a pas d’argent!)

Discussions entre ministres Bxlois et Wallons sur les questions d’enseignement :

 afin de revoir les référentiels via un organe mixte communautés et régions, le SFMQ, (service francophone des métiers et qualifications) qui inclut les partenaires sociaux, et qui acte quelles compétences il faut pour quelle filière de formation.

 Dans les réseaux d’enseignement technique et professionnel, on fait des actions de sensibilisation dans les écoles pour les préparer à l’arrivée de ces nouveaux programmes. On n’en est pas encore à créer de nouveaux métiers mais plutôt à adapter les formations actuelles. Ce sont moins des nouveaux métiers que des nouvelles techniques utilisées par des métiers existants. Ainsi les toitures vertes sont faites par des couvreurs + des jardiniers. Pour des panneaux solaires, il faut des électriciens + des toituriers… L’ossature bois, c’est particulier. Il s’agit surtout aujourd’hui d’enseigner aux maçons le placement de produits isolants. La formation en alternance est également mobilisée. En promotion sociale ils ne sont pas dans cette perspective.

Mais avant de mobiliser les réseaux d’enseignement et de formation, il faut savoir ce qu’on veut faire… A Bxl, quand on a commencé à s’intéresser à la formation, les opérateurs attendaient qu’on définisse les nouveaux besoins. Les entreprises de construction voulaient qu’on fasse d’abord ces formations. On a commencé par tout ce qui concernait l’isolation et l’étanchéité car là on était sûrs qu’il y a un marché.

Dans certaines écoles, on a créé des centres de technologie avancée (CTA) : –> au CTA énergie, il y a 20 chaudières différentes en démo, des panneaux solaires etc. Cfr action 8 : appel à projet pour financer du matériel pour les écoles.

Le problème, c’est les accompagnants. Le prof formé à du matériel ne va pas oser tout de suite se lancer à enseigner une nouvelle technique. C’est l’enjeu de la fiche 7 et bis. Les visites sur chantier, ça ça marche bien, c’est facile.

 Difficulté de trouver des formateurs: idem dans la formation, en témoigne la mission locale de St Gilles qui a lancé une formation en écoconstruction…

 Comment éveiller l’intérêt pour les métiers de la construction chez les enfants, leur montrer la beauté du métier? Cfr Fiche action 1 : créer une semaine de la construction durable via les « jobdays »: des élèves présentent aux élèves. Mais l’enseignement n’a pas encore toutes les filières. La confédération de la construction pallierait. Là il y a un accord.

-L’éducation est un axe qui concerne à la fois Bxl et RW du fait de la compétence de l’enseignement au niveau communautaire.

 Comité de suivi : mixte, partenaires sociaux & administratifs. Les associations d’environnement n’y sont pas mais le processus étant évolutif, elles sont bienvenues dans les ateliers avec leurs idées d’actions. Ex. Du site convoité par B-Post (terrain ex-Carcoke http://www.ieb.be/La-transition-economique-c-est-pas ) : à discuter avec Marc Renson de la SDRB…

 Autres AEE prévues: l’axe eau a commencé, il y aura aussi un axe déchets. Des réunions vont regrouper les ateliers des différents axes pour éviter aux acteurs transversaux comme Bxl Formation de multiplier les réunions.

Présentation par Baudouin Germeau de l’AEE wallonne

 Celle-ci compte 40 partenaires et + de 50 mesures concrètes. Budget: 1 mia €.

 4 ministres sont impliqués : R. Demotte (ministre-président), J.M. Nollet (DD & énergie), A. Antoine (Budget, emploi, formation), et J.C. Marcourt (écon).

 Objectif transversal : faire de l’amélioration de l’environnement une source d’opportunités d’emplois. La qualité du logement en RW est lamentable. Peu de toits sont isolés. Donc les besoins sont énormes.

 3 fronts :

  1. stimuler la demande
  2. renforcer l’offre
  3. développer les compétences

1/ Incitants :

 Pour les particuliers & les PME: accompagnement des primes, éco-packs dans lesquels il y a un prêt à taux zéro pour rembourser en fonction des économies d’énergie. L’aide de la RW sera d’autant plus importante que le ménage aura peu de revenus, pour aider + les + précaires.

 Partenariats public-ménages : rassembler ce qui existe déjà (guichets énergie, acteurs communaux…) dans un guichet unique.

 Bouquets de travaux : tenir compte des travaux induits, voir quelles sont les priorités pour travailler dans le bon sens…

Organisation:

 Back office : SWCS, Fonds du logement wallon – Supervision par la DG4.

 Front offices : centres des éco-passeurs qui accompagnent les ménages, établissent un diagnostic, planifient les travaux… Certains existent déjà. On y compte beaucoup d’architectes (payés au dossier rentré).

Guide de suivi du chantier : on ne peut laisser les citoyens seuls face à leur chantier. Même s’ils ne font pas eux-mêmes les travaux, ils doivent pouvoir contrôler si c’est bien fait –>check lists avec points de vigilance. –> là on va mutualiser les moyens avec RBC.

Exemple de l’intérêt de favoriser les cynergies entre AEE wallonnes et bruxelloises:

  1. Éviter les doublons: Espace Environnement a réalisé des fiches pour la RBC pour soutenir les ménages qui veulent rénover. Ce serait très utile de les adapter à la RW car il n’y a rien d’équivalent à ces fiches en RW. Caroline Evrard négocie en ce sens avec la RBC. Il s’agit de check-lists pour soit rénover soi-même soit contrôler le travail fait par des professionnels, dont le travail est parfois erratique, même dans le cas des entreprises agréées. Ex produits d’isolation mal mis, surtout avec les velux. D’où l’intérêt que les ménages soient dûment informés de tout ce qu’il faut vérifier.
  1. Harmoniser ce qui peut l’être: ex. Labels, il faut une uniformisation entre les régions sinon pour les entreprises, c’est casse-tête. Ainsi, pour définir le label bâtiment durable, il y a une volonté de le faire avec les 3 régions.

Les AEE ne se sont pas tellement parlé au début mais plein d’opportunités apparaissent au fur et à mesure que les opérateurs expriment des besoins –> cela met en évidence l’intérêt des acquis de part et d’autre.

Autres exemples:

 Pour les commerçants : package accompnement/conseil…

 Stimuler la demande pour les entreprises : accords de branche 2e génération et label écosystémique.

 Il y a aussi une demande d’un glossaire commun. Ainsi, dans les deux régions, on parle « construction durable » et non « éco-construction » (« durable » est plus signifiant et peut rassembler plus. « Éco » est connoté baba…)

Rôle d’Espace Environnement (EE) dans l’AEE wallonne:

 EE mène divers projets d’écorénovation, notamment dans le cadre de projets européens. Après les éco-teams, ils ont lancé des réno-teams: on met les gens ensemble pour se stimuler, dans un même quartier ou au sein d’un réseau donné.

 EE, ayant l’expérience du travail en réseau, est aussi l’ensemblier de la future maison de l’habitat durable, avec 2 partenaires : Fonds du logement wallon & Société du Crédit Social qui font partie de la coordination de l’AEE Wallonne. Charleroi est la capitale sociale et la capitale logement de l’AEE. Il s’agit de stimuler les dynamiques individuelles & collectives et in fine de lutter contre la paupérisation énergétique.

 But de la maison de l’habitat durable: soutenir les citoyens & les PME. L’AEE lance des éco-passeurs qui seront reliés à ce centre, lieu physique pour l’information, la sensibilisation, l’accompagnement au-delà des éco-passeurs. Le Belge a toujours une brique dans le ventre, ça lui permettra de visualiser les choses. Une des 2 implantations de cette maison de l’habitat durable sera inaugurée en septembre 2012. L’ouverture du 2ème lieu, éco-rénové par le Fonds du logement, est prévue fin 2013 –> mise en place depuis septembre 2011 avec les différents partenaires.

Implication des acteurs publics dans l’AEE wallonne:

 Programme AMURE: audit énergétique et établissement d’un plan global d’action http://energie.wallonie.be/fr/etudes-audit-global-comptabilite-energetique-amure.html?IDC=6374

 Système de garantie publique

 Appel à projets pour les ouvrages exemplaires (4 mio €)

 Lancement de chantiers publics : dans ces grandes tours de logements sociaux, il y a beaucoup de déperdition –> les habitants perdent en énergie ce qu’ils gagnent en loyers.

Soutien au secteur de la construction :

  1. Accompagnement des entreprises : tables-rondes organisées par l’ASE (agence de stimulation éconpùoqie) qui a aussi un rôle moteur ; grappes…
  2. Greenwin : 6ème pôle de compétitivité (un pôle de compétitivité = un réseau d’entreprises + formation). Ce 6ème pôle dont vont émerger les projets en lien avec l’économie verte, regroupe plus de 70 grandes entreprises. A la différence d’un cluster qui a une liste de membres a priori, un pôle lance des projets et intègre les participants à ce projet, leur conférant des bonus. Il peut s’agir d’entreprises, de centres de formation… incités à collaborer. Ex. l’un lance une recherche sur tel matériau –> un projet collaboratif a plus de valeur que si l’entreprise fait ça dans son coin –> les différents participants au projet reçoivent plus d’aide qu’une entreprise seule.
  3. Labellisation qualitative : système évolutif à 4 étoiles. Vu qu’il est au stade de la mise en route, on ne va pas prendre que les meilleurs.
  4. Appel à projets « éco-matériaux » : le but est de définir ce qu’est un matériau durable.
  5. Pousser la recherche et le développement (R&D) : cfr Greenomat (5mio € pour notamment la R&D sur les matériaux).
  6. APE : aides à la création de 80 emplois, pour insuffler de nouvelles dynamiques. Les entreprises ont été incitées à faire des demandes.

Développement des compétences dans les métiers de l’AEE dans le cadre du PM2.Vert : –> plan intégré de formations vertes pour répondre aux demandes et saisir les opportunités d’emploi; focus sur les métiers en lien avec le développement durable, dits « métiers verts », certains étant nouveaux, d’autres étant des métiers existants qui doivent évoluer.

 Ex. Valoriste : métier de la seconde vie des objets. Ce métier transversal concerne la déconstruction, les ressourceries… Comment une filière alimente une autre.

 Objectif 2012 : 10.500 pers sensibilisées, 1320 essais-métiers (Forem, IFAPME…) + Orientation des demandeurs d’emploi.

 Le CESEP a travaillé l’an dernier à un référentiel des métiers du DD avec l’asbl montoise « Droits et devoirs », dans le cadre d’un projet Gruntvig. Cfr le site du CESEP (Alexis Burlet).

 200 postes APE seront répartis dans les pouvoirs locaux et le non marchand pour favoriser l’emploi vert (centres de formation etc).

Autres alliances prévues : environnement-déchets, agro-alimentaire, transport et logistique. (pas avant la législature suivante). EE aurait aimé qu’on mette l’eau en plus. Mais soit: après 2 ans 1/2 de préparation, la 1ère AEE a démarré! Les tables-rondes ont démarré début mars 2012. Il est positif de remarquer que ce projet est vraiment porté par le gouvernement wallon.

Rôle d’IEW: observateur plus nuancé et critique. Ainsi, sur le fait que l’AEE a été présentée comme sociale: dans les faits, ce n’est pas évident. Ainsi, le système de tiers-investisseur pour le partenariat public-ménages était prévu pour 90% des ménages, maintenant ce sera 95%. Un ménage pouvait y avoir accès s’il gagnait 48.000€ et maintenant, le max est 93.000€. Ceci pour atteindre les objectifs en matière de rénovation, donc dans l’optique d’augmenter le volume des rénovation sans pour autant cibler les publics précaires comme ça avait été prévu au départ. Car les publics précaires sont plus difficiles à atteindre.

Les publics précaires seront approchés par d’autres mesures :

 paquet URE sociale, mais celui-ci n’est pas encore passé au gouvernement ;

 tarification progressive (actuellement, en électricité, plus on consomme moins on paie). L’ensemble de la tarification n’étant pas régionalisée, le Ministre Nollet ne souhaite pas attendre. Il est donc prévu d’accorder une allocation dire URE de 100€ dans e but d’annuler le terme fixe, rendant ainsi le pris de l’électricité progressif.

 certificats d’efficacité énergétique sociaux pour les livreurs de gaz, de mazout: ex. Electrabel devra inciter ses clients à réaliser des travaux d’économie d’énergie (certificats blancs). La Commis européenne veut les rendre obligatoires.

 Offre par les fournisseurs de financements pour certains travaux: ex. Lampiris en RW –> si on paie 50€ d’électricité par mois, ils vont continuer à facturer ce montant en se remboursant sur la diminution de facture.

 Tout va passer par les éco-passeurs, via un center-call, n° payant.

Avantage acquis pour les publics à bas revenus : les primes sont plus importantes pour eux. L’objectif de la Maison de l’habitat durable est de susciter des dynamiques permettant de toucher ces publics. Car pour le PEB, en 2020 il faut avoir au moins isolé la toiture et supprimé les chauffages électriques. Dans les réno-teams, EE a travaillé avec le CPAS de Soignies. On a pu constater que la sécurité (conformité des installations, chauffages non dangereux…) et la salubrité sont prioritaires. L’économie d’énergie vient après. La santé est aussi importante pour eux. Ainsi, un bâtiment trop isolé peut amener des problèmes d’humidité. Donc il faut gérer l’ensemble.

Dynamiques de rénovation par quartier: enveloppe de 500.000€ (cfr p. 58 de la publication*), ce ne sont donc pas que les réno-teams. Ce concept lancé par EE est pour le moment expérimental mais c’est une très bonne dynamique, ça fonctionne bien. Dans un quartier, ça permet des économies d’échelle par ex. On songe donc à les multiplier. Pour l’instant on repère les quartiers où il y a déjà une dynamique pour monter un projet et le présenter à l’AEE. EE insiste sur les associations qui travaillent avec les plus précarisés, sinon ce seront encore les plus favorisés qui profiteront de ces politiques, et cherche dans ce type de quartier une association qui peut porter le projet (Ex., pourquoi pas LST Andenne?)
Espace Environnement leur propose de faire un réno-team ou en tout cas de porter la dynamique dans un quartier pour que les particuliers rénovent, bénéficient de l’éco-pack, puissent faire de l’achat groupé… Ensemble ils feront plus de rénovations que chacun seul dans son coin.
L’association est payée au nombre de dossiers rentrés et peut alors créer un emploi avec les points APE, pour suivre le réno-team.

Evaluation des primes énergie en RW : on distingue 3 catégories: précaires, modestes et aisés –> 22% de la pop qui obtient 78% des primes! –> il y a là matière à interpellation!

*Pour la suite des travaux, il reste des publications du plan pluriannuel de la première alliance emploi-environnement en Région Wallonne au bureau d’Associations 21, c/o Mundo-B, rue d’Edimbourg 26, 1050 Bruxelles, (vous pouvez demander qu’on vous le fasse parvenir par la poste).

By |2012-10-29T15:16:51+00:00octobre 29th, 2012|Categories: Echanges croisés|0 Comments

About the Author: