Assurer l’accès de toutes et tous à des espaces publics sûrs

Cette cible demande à assurer l’accès de tous, en particulier des femmes et des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, aux espaces verts et aux espaces publics en toute sécurité. Or, de manière générale, les femmes sont désavantagées dans l’espace public. Le développement de l’urbanisation s’est appuyé sur des images stéréotypées de la femme et de l’homme, sans se donner la peine de s’interroger s’il s’agissait là de la meilleure organisation possible pour tous et toutes.


Ainsi, pour que les nouveaux quartiers résidentiels de nos villes et villages soient surveillés, entretenus, animés, le modèle soutenait implicitement qu’un adulte par foyer y demeure durant la journée et qu’il se consacre au travail domestique. Lequel des deux conjoints ? L’épouse, bien évidemment… Mais, difficulté financière oblige, dès la fin des années septante, les quartiers résidentiels voient s’évader chaque matin celles qui auraient pu leur servir de liant organique, de contrôleuses sociales.…De même l’insécurité des lieux naturels reste un obstacle à la possibilité d’en profiter de manière égale. Et pourtant l’urbanisme peut constituer un levier pour améliorer la condition de la femme dans notre société. Ses praticiens doivent pour cela intégrer des principes nouveaux dans leur travail de conception, ainsi qu’on les a vus tenter de le faire ces dernières années vis-à-vis de l’environnement et des personnes à mobilité réduite.
Il devient urgent de revoir nos espaces et transports publics avec des usagers tels que les femmes et les personnes à mobilité réduite, de façon à ce que transports en commun, alignements, rues, places, toilettes, jonctions, distances parcourues… tiennent compte de leur réalité. Proximité des haltes garderie, épicerie locale, taxi à la demande, vélo électrique, car sharing… peuvent être des éléments de réponse
Une sécurité accrue pour les usagers les plus fragiles améliorera la qualité du séjour dans l’espace public pour tous les citoyens.
Il convient d’intégrer davantage de femmes dans les métiers et fonctions des secteurs de la mobilité et de l’aménagement du territoire ainsi que dans les organes de prise de décision dans ces mêmes secteurs

Pour y parvenir, on peut s’inspirer d’exemples existant comme à Molenbeek-St-Jean, la nouvelle Place Communale. A Uccle, la promenade du Geleytsbeek et du Nekkergat, est en grande partie accessible aux usagers moins mobiles. Plus loin, au Pays Basque, la ville de Donosti (San Sebastian) est très fréquentée par les voiturettes parce que la planéité y est remarquable. Des outils créatifs comme les cartes sensibles, les marches de voisinage, peuvent aider à découvrir comment améliorer les conditions de déplacement et de séjour dans l’espace public, afin de rendre les lieux de vie plus durables, plus sûrs et plus résilients.

Mais c’est aussi au niveau des mentalités qu’il faut travailler pour éviter à tout prix d’offrir des solutions qui permettrait aux femmes de cumuler travail domestique et travail extérieur sans remettre en question cette double journée.
Pour aller plus loin : La Lettre des CCATM n°69 : « T’as un sacré genre ! », février 2013.

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