17 avril 2013: interventions lors de la table-ronde

Le mercredi 17 avril 2013, Journée mondiale des luttes paysannes, Associations 21 et l’association flamande Wervel ont entamé le débat sur l’enjeu d’un commerce équitable local par une table-ronde à laquelle ont participé la représentante de la Ministre Bruxelloise Evelyne Huytebroeck, des producteurs, distributeurs et des acteurs de la société civile. Compte-rendu de leurs interventions.

Introduction: contexte du débat

Antoinette Brouyaux, Associations 21

Parler du commerce équitable local le 17 avril, n’est pas anodin: c’est la journée internationale des luttes paysannes. Or les paysans sont de moins en moins nombreux et aujourd’hui ils luttent surtout pour tenir le coup dans ce métier qui nous fournit pourtant ce qui est vital pour tout un chacun: de quoi nous nourrir. C’est l’enjeu de la «souveraineté alimentaire», qui, au-delà de la stricte sécurité alimentaire, est le droit des peuples à déterminer de façon démocratique leurs propres systèmes alimentaires dans le respect des humains et de l’environnement.

Pourquoi insister sur le local ? Pour être moins dépendants du pétrole et des marchés internationaux, et nous réapproprier la maîtrise de notre système alimentaire, en évitant les coûts des intermédiaires et du transport. Dans le contexte bruxellois, on met l’accent sur l’agriculture urbaine, mais celle-ci ne suffira pas à alimenter 1.100.000 habitants. Et si l’on trace une ceinture verte autour de Bruxelles, celle-ci recoupe toute la zone qui fait l’objet des tensions communautaires!

C’est pourquoi nous proposons de penser la relocalisation de l’agriculture à l’échelle de la Belgique. Dans cette optique, la solidarité inter-régionale est inéluctable et elle fonctionne d’autant mieux qu’on se la réapproprie à la base, en redéfinissant ensemble les règles d’un commerce des denrées alimentaires qui tienne compte à la fois des contraintes des producteurs des régions voisines et de celles des consommateurs Bruxellois.

Qu’est-ce qu’un prix équitable et juste? Peut-il être juste à la fois pour les producteurs et pour les consommateurs? Parmi ceux-ci, les inégalités sociales sont flagrantes. Il y a aussi le problème des intermédiaires, qui ne laissent qu’une petite fraction du prix payé aux agriculteurs. Des solutions existent mais par rapport au système dominant, c’est encore «David contre Goliath», d’où la nécessité de bien nous organiser!

Situation en Région Bruxelloise et politique du Gouvernement de la RBC

Catherine Rousseau, représentant la Ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck.

Où en est-on avec l’alimentation durable à Bruxelles ? Il y a peu de chiffres, et pas de politique alimentaire. Il y a une politique agricole, mais celle ci devrait être centrée sur les besoins. D’où l’ambition du gouvernement de la RBC de faire de Bruxelles un exemple notamment de redéploiement de la production alimentaire en ville pour permettre une valeur ajoutée au niveau local, mais aussi pour fournir des repères pour les consommateurs en matière d’alimentation durable. On sait que les maladies de civilisation sont liées à l’alimentation et elles sont en croissance.

Pour ce faire, le gouvernement de la RBC a choisi le modèle de l’INRA (France) : on parle de système alimentaire et non plus de chaîne alimentaire, pour tenir compte de la diversité des acteurs et des relations entre eux. Le système actuel est agro-industriel ou agro-tertiaire: production et consommation de masse, qui maintiennent une distance entre producteurs et consommateurs. La qualité est normalisée, standardisée.

La RBC va soutenir les sous-systèmes alimentaires : familial, de proximité, qualité différenciée (bio, éthique, patrimonial) dans un processus de transition, pour permettre au système alimentaire d’évoluer avec toutes ses composantes. Les moyens publics seront mis dans la qualité différenciée: on ne laisse pas de côté l’agro-industrie mais il s’agit de rééquilibrer les forces des différents acteurs.
On a déjà accompagné le changement dans la demande, qui évolue, ex. cahiers des charges des collectivités.

À présent la 2ème phase se focalise sur l’offre: il s’agit de co-construire des solutions originales, innovantes, notamment via l’agriculture urbaine.
Et en effet, il faut également donner aux urbains la possibilité d’un nouveau dialogue avec les producteurs Flamands et Wallons de la périphérie. Pour ce faire, on dispose d’étude selon lesquelles les entreprises qui ont mis l’accent sur la durabilité ont mieux résisté à la crise. Nous avons donc des arguments en matière d’économie et d’emplois!

« Lokaal, Ecologisch en Fair»: campagne LEF

Veerle Devaere, vzw Wervel

Wervel lance la campagne LEF, pour «lokaal, Ecologisch en Fair» mais lef signifie aussi «audace» en néerlandais. Car il en faut pour quitter les sentiers battus et tracer sa propre voie, vers une production locale, écologique et équitable.

Local et écologique vont de pair car des haricots du Kenya peuvent être bio, ils ne sont pas durables. L’alimentation de base doit provenir du voisinage et être cultivée de préférence sans pesticides.

Equitable n’est pas non plus seulement un attribut pour le sud, sauf pour le cacao, le café ou d’autres produits qui seront alors issus des filières du commerce équitable. Celles-ci peuvent inspirer les paysans d’ici: ils gagneront alors mieux leur vie tout en produisant des aliments plus sains.

La viande d’ici: elle n’est pas si locale que ça. Une exposition dans ces locaux montre l’impact de la production de soja sur la biodiversité au Brésil. Ce sont les photos de Joao Caetano, un activiste environnemental brésilien. C’est son cri d’alarme, vu l’allure à laquelle la culture des protéines destinées à nos animaux détruit la savane appelée Cerrado.

Comment peut-on y remédier? En utilisant du colza, utilisé comme agrocarburant mais qui a également des qualités nutritionnelles, des protéines notamment. En primeur, sachez qu’il existe désormais du choco fabriqué pour partie avec du cacao et de la canne à sucre fair trade, mais également avec de l’huile de colza produite localement. Les agriculteurs qui produisent ce colza ont créé une association avec des éleveurs de porcs pour promouvoir l’économie locale sur base des critères LEF. Bref, l’offre LEF se diversifie, ce que suit Wervel avec intérêt.

La parole aux producteurs

Jean-Pierre De Leener est maraîcher bio depuis 27 ans à Sint-Pieters-Leeuw, à 500m d’Anderlecht. Sa production est surtout estivale, les légumes sont cultivés en plein air ou dans des tunnels de plastique. Il n’a pas de serre chauffée. Ingénieur agronome de formation, il a de temps à autre cumulé cette activité maraîchère avec des fonctions dans le mouvement paysan, un cabinet ministériel et 11.11.11. A présent il se recentre sur son activité agricole. Il vend ses produits principalement sur Bruxelles (Ateliers des Tanneurs, Ferme Nos Pilifs, Gasap,…) et à la ferme (www.biobrussel-biobxl.be). Jean-Pierre envisage à présent de développer des activités d’aquaponie dans sa ferme, ainsi que la culture de champignons, qu’il a déjà pratiquée par le passé, mais cette fois sur le marc de café.

De ces multiples expériences, il retire:

  • que les producteurs sont des collègues et non des concurrents, que les collaborations rendent beaucoup de choses possibles
  • que les consommateurs sont plus que des payeurs: leur satisfaction et leur appréciations sont importantes
  • que le respect de la nature est la base du travail agricole. Une source d’inspiration: le livre de Gunter Pauli sur l’économie bleue, qui recommande de rechercher systématiquement les solutions dans le domaine de la physique, et non celui de la chimie.

Jean-Pierre De Leener est donc convaincu d’une nécessaire solidarité entre producteurs et consommateurs à l’échelle de Bruxelles et de sa périphérie. Il est d’ailleurs président du Rabad et administrateur de Saveurs Paysannes, car selon lui la Wallonie offre plus de possibilités pour la production agricole équitable.
Ce qui manque, de son point de vue, ce sont des marchés couverts, dans plusieurs villes, qui favoriseraient les contacts entre producteurs et consommateurs et partant, les circuits courts qui permettent des prix justes.

Roland Dejaeghere a créé en 2000 la s.a. Freja Food. Freja ou Freya est la déesse de la fertilité et des cultures. Freja Food est une biscuiterie exclusivement bio depuis sa création, certifiée commerce équitable (Max Havelaar) dès que les matières premières le permettent. C’est une production artisanale, qui a permis de créer 10 emplois.

En 2007, souhaitant aller encore plus loin dns la démarche, ils ont rencontré Mieke Lateir de Vredeseilanden et des entreprises d’économie sociale. C’est ainsi qu’est née la charte «Mondoh» qui leur a valu le Be Fair Award en 2007. Des liens se sont construits avec des producteurs du Sud pour le sucre et le chocolat (Ghana, Pérou, Inde et Paraguay), ces produits étant combinés avec des matières premières produite à maximum 150 km du siège d’exploitation.

Au-delà de la certification, l’entreprise établit des relations de respect mutuel et de coresponsabilité avec les producteurs du nord. Le respect de l’environnement va également plus loin que le «simple» respect des critères bio: dans la gamme de biscuits proposée, il y a notamment des biscuits au chanvre, qui revalorisent cet ingrédient méconnu ou oublié, à haute valeur nutritionnelle, facilement cultivable sous nos latitudes. Le chanvre vient de l’entreprise d’économie sociale De Lochting à Roeselaere. Freja Food a développé 2 marques des biscuits: Be Bene et Mondoh. Ces biscuits sont distribués en Belgique par Biofresh s.a.

Distribution

Jo Huygh représente Abattoir, société anonyme qui s’appelait jusqu’il y a peu Abatan et qui gère le site des abattoirs d’Anderlecht. Cette entreprise a été reprise à la commune en 1984 par 150 actionnaires, marchands et investisseurs qui, comme le voisinage, étaient préoccupés par le futur du site et voulaient empêcher sa destruction.

Abattoir ne vend pas de viande mais gère l’infrastructure de trois types d’activités:

  • Les activités historiques d’abattage et de découpe des carcasses ainsi que de vente de la viande, le tout impliquant une centaine de professionnels
  • Un vaste marché le vendredi, le samedi et le dimanche.
  • On peut aussi y louer les caves ou l’espace extérieur pour des événements.

Parmi les commerçants qui utilisent les locaux de l’abattoir, certains sont spécialisés dans la découpe des carcasses, d’autres élèvent eux-même les animaux qu’ils découpent et vendent aux boucheries. Ce genre d’infrastructure devient exceptionnelle dans une grande ville comme Bruxelles. Ailleurs, elles ont été délocalisées et les abattoirs indépendants de la grande distribution se font rares. Cette infrastructure au coeur de la ville permet le circuit court dans le domaine de la viande.

Les actionnaires en discutent dans le cadre d’un plan stratégique à l’horizon 2020 faisant la part belle à l’alimentation durable. Il s’agit de perpétuer l’activité actuelle, voire de la renforcer mais aussi de la compléter avec une ferme urbaine: 4000 m² de toiture pourraient être mis en culture et abriter un restaurant où seraient servis les légumes produits in situ. Commerçants et maraîchers sont impliqués dans ce projet. La combinaison de ces différentes activités permet de mutualiser des ressources (ex les déchets des uns qui sont un matériaux pour les autres) mais est aussi un atout pour la sensibilisation.

Corentin Dayez, d’Oxfam Magasins du Monde, témoigne de la réflexion de l’organisation au sujet de l’Agriculture Paysanne locale, et présente la nouvelle démarche commerciale de l’organisation pour promouvoir le développement de cette agriculture. Une nouvelle gamme de produits paysans répondant aux critères de sa charte «Paysans du Nord» est en effet vendue dans les Magasins du monde Oxfam.

Dans ceux-ci, on compte 500 bénévoles adultes à Bruxelles et en Région Wallonne, pour combattre les injustices dans les pays du Sud.
Oxfam MDM combine commerce équitable nord-sud et campagnes d’interpellation politique. Aujourd’hui, la réalité locale montre que les enjeux globaux n’ont plus de frontière, la réalité agricole des pays du Sud est conditionnée par l’industrialisation agricole à l’oeuvre ici. Il faut donc agir ici aussi, pour sauver l’agriculture paysanne. D’où l’intégration d’une nouvelle gamme de produits paysans dont les critères sont définis dans une charte: il s’agit de soutenir les fermes familiales, l’aspect collectif, la gestion démocratique et solidaire… Le prix est fixé en concertation avec les agriculteurs en fonction du coût de production, en évitant les intermédiaires. L’exigence citoyenne est forte vis-à-vis de ces producteurs : cela complique les pratiques. Il faut donc un prix à la hauteur de ces exigences. La tension est forte avec le souci de rester accessible aux consommateurs dont le pouvoir d’achat n’est pas extensible. C’est une alternative économique parmi d’autres. Finalement, ces produits ne sont pas uniquement à consommer, ce sont aussi des produits de sensibilisation!

Mieke Lateir nous présente BIOSANO bvba, qui produit le lait de marque Biodia, et qui distribue aussi des produits Max Havelaar, donc issus du commerce équitable. Biodia a été créé suite à la crise du lait de 2009 et se veut un modèle de commerce équitable local. Le lait est acheté à Biomelk Vlaanderen et Biolait Wallonie, coopérative d’une trentaine d’éleveurs laitiers qui se sont réunis depuis 2001 pour avoir ensemble une position plus forte sur le marché. Un critère important de cette collaboration est la relation commerciale à long terme.

Le cahier des charges de Biodia a été élaboré avec diverses Verdeseilanden en Werven et va plus loin que les seuls critères biologiques car le lait est non seulement certifié bio mais il remplit également d’autres critères de durabilité. L’attention est ainsi également portée à la collaboration avec des coopératives & associations paysannes; les ingrédients de base doivent être autant que faire se peut issus de productions locale. S’ils doivent être importés, Biosano cherchera alors à importer des produits répondant aux mêmes types de critères. Enfin le prix payé au producteur doit lui permettre d’obtenir une rémunération équitable et d’investir. Les autres critères de durabilité sont négociés avec les associations de producteurs en fonction de leur faisabilité.

La fixation du prix est basée sur les coûts de production d’un modèle « théorique » de ferme laitière de 5 Ha, 60 vaches et 7000 libres de production de lait par vache. La salaire du fermier est basé sur des revenus professionnels comparables. Pour le moment, le litre de lait est payé 44 cents. Il est recalculé chaque année. Last but not least, Biosano trouve également important de participer à ce type de débat qui fait partie intégrante de leur projet.
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Erwin Schopges est, lui, un éleveur laitier de la région germanophone, porte-parole de la coopérative Faircoop qui a créé la marque de lait Fairebel en 2010, suite à la crise du lait de 2009. Jusqu’alors, les producteurs de lait croyaient que produire plus de lait arrêterai la faim dans le monde. Mais la surproduction en Europe crée des problèmes. Pour les agriculteurs belges, la crise de 2009 n’est pas finie. De nombreuses exploitations sont encore menacées. D’où la création de Faircoop et la marque Fairebel. 500 producteurs de toute la Belgique participent. Puisqu’ils ne pouvaient pas obtenir un prix équitable pour leurs produits, ils ont créé leur coopérative et leur marque, ce qui leur permet de percevoir 10 cents supplémentaires sur chaque litre de lait vendu. On le trouve dans tout le pays, dans divers commerces et les grandes surfaces Carrefour, Colruyt et Intermarché. Petit à petit, la gamme des produits Fairebel se diversifie : après le lait demi-écrémé, est apparu le lait entier chocolaté et la crème glacée « pur lait », fournie par un artisan local fabriquant des produits entièrement naturels à base de lait biologique belge.

Pour eux, « équitable » signifie un prix qui couvre les frais. C’est primordial si on veut respecter l’environnement et les paysages, si on veut le bien-être des animaux. Cela implique aussi que toute la chaîne soit rémunérée correctement et in fine que le prix à payer par le consommateur reste raisonnable. Les 10 cents supplémentaires par litre de lait vendu vont sur un compte séparé de la coopérative. Ces fonds sont versés intégralement aux agriculteurs membres.

Équitable signifie enfin que les produits soient de haute qualité. Ainsi du lait chocolaté est livré dans 150 écoles en Wallonie. Les consommateurs sont invités à faire pression sur les grandes surfaces pour qu’elles distribuent les produits Fairebel. « On n’est pas uniquement des manifestants, dit Erwin, on veut travailler avec toutes les composantes de la société. Dans le monde agricole nous sommes devenus trop peu nombreux pour changer les système, donc nous avons besoin de la solidarité de vous tous! »

Organisations citoyennes ou multi-acteurs

Brigitte Grisar travaille à la Fédération des Services Sociaux où elle est chargée de projet au sein de la Concertation Aide Alimentaire. Cette Concertation coordonne l’aide alimentaire à Bruxelles. Le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire augmente de manière constante et inquiétante. Ils n’ont pas accès à une alimentation durable ni même de qualité. L’aide alimentaire se fait via des restaurants sociaux (56%), la distribution de colis (39%) et des épiceries sociales (5%). L’approvisionnement provient de la banque alimentaire qui est une institution distincte.

L’aide européenne n’existera plus en tant que telle en 2014, ce qui est un grand souci. A la recherche de solutions, la Fédération des Services Sociaux s’est fait membre du Rabad et est allée visiter en France une initiative combinant aide alimentaire et alimentation durable: le programme Uniterres du Réseau A.N.D.E.S, réresau d’épiceries solidaires approvisionnées en produits frais par des agriculteurs fragilisés, payés par l’État finance. La livraison se fait directement, c’est un circuit court absolu. De la sorte, l’État aide à la fois des producteurs et des consommateurs en difficulté… Cet exemple a été présenté en Wallonie à la Ministre des affaires sociales Madame Tillieux!

Rob Renaerts coordonne le RABAD, Réseau d’acteurs Bruxellois pour une Alimentation Durable. Ce réseau bilingue compte 52 organisations (agriculteurs, distributeurs, restaurateurs et ONG), avec l’objectif d’encourager la collaboration entre elles, l’échange d’information et de savoir-faire, la création de projets communs. Le Rabad veut aussi mieux informer le grand public sur l’alimentation durable et rendre ses produits plus accessibles, via des guides, prospectus, calendriers de saison, répertoires de fournisseurs, etc. En 2012, le Rabad a organisé une campagne sur le pain. En 2013 le thème de campagne est l’origine de produits tels que chocolat, viande et pommes.

De ces diverses expériences, Rob tire ce message principal: considérons l’alimentation dans toutes ses dimensions: tant la santé que la production biologique et le prix équitable. Evitons d’isoler ce dernier critère car on ne convaincra le consommateur de payer un prix juste que s’il apprend à connaître et évaluer à leur juste valeur tous les autres critères également. D’où l’importance d’une communication claire sur ces divers aspects de l’alimentation durable.

Anaïs le Troadec est la permanente des GASAP bruxellois, groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne. Ces groupes permettent de soutenir des producteurs locaux travaillant selon des méthodes respectueuses de l’environnement et des savoir-faire traditionnels. Depuis la création de ce réseau en 2006, les GASAP se sont multipliés comme des champignons: on en compte à présent 64, qui collaborent avec 15 maraîchers et autres producteurs. Chaque GASAP s’engage à respecter la charte du réseau. Sur le site, on peut voir dans quel groupe il reste des places, les GASAP en construction, etc. La distribution est assurée par de nombreux bénévoles, mus par une même volonté de recréer du lien avec les producteurs pour se réapproprier l’alimentation, et d’aider des jeunes à devenir producteurs.

Le défi du moment et de solidifier les groupes existants: certains sont plus impliqués, d’autres sont seulement des dépôts de paniers. Les Gasap se différencient d’autres réseaux existants par une implication plus grande, comme l’engagement de chaque consommateur pendant un an.

Une autre question est la prise de décision au sein du Réseau des GASAP : vu qu’il y a plus de consommateurs, quelle place donner aux producteurs ? On pense aussi à des regroupements pour faciliter la livraison et permettre aux producteurs de venir aux permanences. Basée sur les bénévoles, la dynamique est lente mais forte. Au sein du réseau, le groupe Idéopole travaille à un positionnement plus politique.

Sébastien Kennes de l’asbl Rencontre des Continents qui mène des activités de formations, animations, conférences, débats, événements avec divers partenaires associatifs et du monde paysan. But : le changement par l’assiette : la transition est urgente, nécessaire et nécessairement collective.

Changement de paradigme : il n’y a pas un autre monde possible mais des milliers de choses à faire pour améliorer celui-ci! D’où l’importance de l’éducation populaire en valorisant savoirs & savoir-faire, car on a étouffé les savoirs dans le système actuel. La souveraineté alimentaire est un enjeu ici tout en tenant compte du Sud. C’est ainsi qu’est né le projet de « maîtres en cuisine écologique et politique » qui vise les publics défavorisés autrement qu’avec des petites animations ponctuelles. Il s’agit de construire à terme une formation qualifiante et de susciter la création de projets d’économie sociale dans divers quartiers. Le processus se construit au fur et à mesure avec divers partenaires: Culture et Développement, les Equipes Populaires, 2 CPAS, la Maison Verte et Bleue, des acteurs de l’alphabétisation…

Programme et comptes-rendu en néerlandais

Personnes de contact:

 Associations 21: antoinette(a)as21.be – tél. 02893.09.40

 Wervel: veerle(a)wervel.be tél 02/893.09.60

Liste des publications sur l’agriculture et l’alimentation durable sur le site du RABAD: certaines seront également consultables ce 17 avril 2013 à Mundo-B.

Cette activité est organisée avec le soutien du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et de Bruxelles Environnement, mais aussi avec le concours de la Région Flamande, de la Région Wallonne et du Service Public Fédéral Développement Durable.
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