Quelques conditions pour accroître la résilience des infrastructures

Mettre en place une infrastructure résiliente, durable, fiable et de qualité, une des cibles de l’objectif 9, sera possible à condition d’établir des bilans comparatifs de l’empreinte écologique de différents choix envisagés et de penser ensemble aménagement -mobilité-flux de marchandises.


Vu la densité de bâtiments déjà construits en Belgique, avant toute nouvelle construction, un bilan complet de l’empreinte écologique de la démolition/reconstruction doit être fait et comparé au bilan du bâtiment actuel et de sa rénovation. Car la construction, le choix des matériaux, leur provenance et leur acheminement peuvent avoir un impact déterminant sur le bilan carbone total d’un bâtiment neuf; lequel devrait être comparé à celui d’une rénovation du bâti existant lorsque cette option est possible .
Chaque nouvelle infrastructure (bâtiment, parking…) doit être pensée à long terme, via un plan préalable d’utilisation voire de réaffectation de l’infrastructure dans un monde sans pétrole. Ceci, afin que l’infrastructure soit conçue de manière souple et modulable (ex. conversion de parkings en terrains de sports).
Le développement de réseaux péri-urbains des transports publics et construction de route express pour les vélos autour de/dans les zones urbaines est à privilégier.
Il faut également un modal shift – un changement des moyens de transport – pour le transport des biens. Cela implique :

  • une gestion conséquente de l’implantation des entreprises, à proximité non seulement de nœuds routiers mais aussi de voies navigables et d’un réseau ferroviaire adapté au transport de marchandises
  • la construction des liens manquants dans les réseaux ferroviaires et navals, en prenant soin de faciliter les transferts de charges. La Belgique a la chance de disposer d’un réseau fluvial navigable et d’un réseau ferroviaire dense qui doit néanmoins faire l’objet de toute l’attention des politiques publiques pour préserver son potentiel.

Les villes belges navigables sont confrontées à l’instar de nombreuses villes portuaires à la reconversion des espaces portuaires urbains. Ceux-ci sont souvent adaptés par leur situation à l’accueil d’activités productives ou à des zones de transbordement de marchandises au bénéfice de villes. Malheureusement ils doivent aujourd’hui faire face à la spéculation immobilière dopée par la mode des « waterfront ». L’Association Internationale Villes et Ports (AIVP) demande de veiller à ne pas sacrifier les capacités de développement de ces ports par l’installation d’activités qui empêcheraient de manière irréversible toute possibilité de développement portuaire. Il s’agit d’anticiper les cycles de développement urbain et portuaire pour permettre un modal shift vers la voie d’eau.
Dans les villes, le foncier est rare et cher or l’implantation des entreprises de production est consommatrice en espace et produit moins d’emplois au m² que le tertiaire. Il importe de bien réfléchir à la plus-value économique et sociale des entreprises s’implantant dans ces territoires en privilégiant celles qui développent une activité au service de la ville et permettant de réduire les kilomètres parcourus.

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