Réduire l’impact environnemental négatif des villes par habitant

Sans doute les villes produisent-elles plus de pollution (eaux de rejet, GES, déchets, pollution de l’air) que des villages ou qu’en rase campagne. Mais si l’on ramène ces pollutions au nombre d’habitants et d’usagers de la ville, on arrive à des valeurs bien en-deçà des quantités produites par habitant, à condition sociale équivalente, en d’autres lieux où l’habitat est bien plus dispersé. Toujours est-il que réduire les pollutions causées par nos villes n’en est pas moins indispensable et sans doute plus aisé.


Grandes ou petites, les villes constituent un levier essentiel pour lutter contre l’étalement urbain et limiter la pression de l’urbanisation sur les zones rurales. Mais pour recentrer l’urbanisation et limiter les constructions en zone rurale, il faut rendre les villes plus attractives et changer leur image.

De manière concrète, la politique de la ville devra respecter les grandes orientations du développement urbain durable  :

  • envisager la densification des noyaux d’habitat et les territoires centraux de manière proportionnée ; ces quartiers doivent devenir plus attractifs pour les candidats habitants, mais aussi pour ceux qui y habitent déjà ; cela implique de les doter d’un maximum d’aménités : équipements communautaires, services publics, bonne offre en transports en commun, espaces verts, patrimoine culturel, vues vertes, espaces publics, espaces dévolus aux piétons tant pour circuler que pour se reposer, commerces diversifiés
  • prévoir des modalités d’urbanisation adéquates autour des gares : plus forte densité d’habitants, mixité des fonctions, bonne accessibilité ;
  • prévoir un minimum de surface végétalisée au sol pour tout projet d’urbanisme soutenu par la politique de la ville, à l’instar de ce qui se fait en Région de Bruxelles-Capitale : les jardins privatifs et les toitures végétalisées doivent voir leur part augmenter, sans que les toitures remplacent les jardins au sol ;
  • intégrer des trajets courts, directs et multiples pour les piétons dans le tracé de chaque projet d’envergure (infrastructures routières et ferroviaires, ensembles immobiliers, espaces publics) ;
  • valoriser urbanistiquement par des aménagements adéquats les berges des cours d’eau en milieu urbain de manière à en faire des axes de déplacements piétons et des lieux de récréation, garantir le maintien des berges naturelles là où cela est techniquement possible ;
  • favoriser la coopération entre communes à l’échelle du « bassin de vie » en majorant les aides liées à la politique de la ville pour les communes ;
  • mettre en place des agences d’urbanisme actives à l’échelle supra-communale, en commençant par les agglomérations urbaines de Liège et de Charleroi
  • entreprendre un inventaire des lieux abandonnés au sein des villes et des villages, et les proposer aux développeurs, comme localisation alternative à leurs projets ;
  • anticiper l’évolution des besoins et des risques commerciaux : dès la conception du projet immobilier, les autorités doivent exiger une architecture modulable, suffisamment souple et bien équipée pour accueillir d’autres activités en cas d’insuccès ou d’évolution des besoins ;
  • lier les primes à la construction de nouveaux logements à leur localisation en noyaux d’habitat / territoires centraux.
  • encourager la participation de chacun à une politique ambitieuse de réduction des déchets (ressourcerie, collecte à domicile, tri, compostage, recyclage, remise en état des appareils, seconde-main, art public et mobilier urbain conçus à partir de matériaux de récupération, ….) en s’appuyant sur le secteur associatif ou en collaboration avec les entreprises d’économie sociale.
  • communiquer et ouvrir au public plusieurs fois par an les sites d’incinération de déchets, les parcs à conteneurs, les sites de déversement, les CET (centre d’enfouissement technique) et les carrières, pour sensibiliser à la valeur des matériaux, à la dangerosité de leur traitement

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