Rio+20: qu’en retenir?

Le 24 septembre 2012, notre AG thématique « Rio+20 : qu’en retenir ? » fut l’occasion d’un bel échange d’informations et de réflexions. Entre autres représentants de la société civile présents à Rio, deux personnalités académiques nous ont transmis leurs feed-back. Certaines associations restées à Bruxelles ont également suivi ce processus avec attention. Il sera de nouveau question des sujets « post-Rio » à suivre lors de notre AG de décembre 2012 consacrée au programme 2013-2014.

Retour sur « the big picture », qu’est-ce qui était en jeu ?

Brigitte Gloire: pour rappel, Rio1992 était le sommet de l’environnement et du développement. En 2012, il s’agissait de renouveler les engagements pris en 1992, en faisant le point sur les progrès réalisés en matière de DD et sur les problèmes persistants ou aggravés: accroissement des inégalités et de l’empreinte écologique, changements climatiques non plus seulement craints mais constatés mondialisation de l’économie… (Cfr slides en pdf).

Les thèmes annoncés de Rio+20 étaient l’économie verte et le cadre institutionnel du DD au niveau international. Finalement:

 L’importance de l’économie verte a été quelque peu relativisée, cependant le commerce a été peu mis en avant comme faisant partie du problème, il a plutôt été présenté comme une solution.

 Le droit de polluer (monnayé) reste un pilier de la politique européenne. Comme ce marché, on voit apparaître un marché où on échange les services écosystémiques.

 Problème: Rio a entériné la marchandisation des écosystèmes et des ressources.

Déclaration finale de Rio+20: quelques constats

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Antoinette Brouyaux: beaucoup de choses ayant été dites sur la Déclaration Finale de Rio+20 (version française) mais peu de gens l’ayant lue, nous nous sommes basés pour l’évaluer, sur l’input d’Associations 21 au zero draft de Rio+20: « Renouveler nos engagements : pour une société réellement soutenable, OK ».

Le point sur les débats internationaux émergeant de Rio+20

Brigitte Gloire: concernant les fausses solutions et confrontations, à Rio, nous avons participé à une rencontre entre le réseau européen qui lutte contre la financiarisation des ressources et d’autres mouvements de par le monde. Cfr les travaux de FERN, qui distingue 3 étapes dans la financiarisation et la marchandisation des écosystèmes: subsides publics en vue de l’intérêt général, ex ceux de la PAC pour la protection de l’environnement; paiements privés pour protéger des écosystèmes mais guidés par des intérêts privés et avec risques de dérapage (ex. Coca-Cola qui paie pour protéger mais aussi pomper des nappes phréatiques); systèmes de compensation où au lieu de polluer moins, on paie (ex crédits carbone). On va continuer à suivre les travaux de ces réseaux avec grand intérêt, c’est un apprentissage collectif.

Nicolas Van Nuffel (CNCD), sur le rôle des parties prenantes dans les négociations internationales – entreprises, ONG, syndicats, jeunes, académiques – et l’enjeu de nouvelles alliances : Rio+20 s’annonçait comme le sommet de l’accaparement de la terre, mais il y a eu de la résistance, donc le résultat est plutôt mitigé. Notons que dans la déclaration finale, la liberté d’association a été retirée, de même que les droits sexuels et reproductifs. Donc au plan international, le résultat est négatif selon le CNCD. Par contre, son évaluation du rôle de la Belgique est globalement positive : elle a bien défendu l’axe social. De plus, en tant que représentants de la société civile, on peut s’estimer heureux d’avoir pu faire partie de la délégation Belge, cela nous a permis de suivre l’ensemble du processus de près. Question qui émerge à présent de Rio pour la société civile : comment s’allier entre les différents groupes majeurs ? Comment chacun peut-il tenir un discours qui tienne compte des priorités des autres ? Peut-on parler le langage de nos alliés ? Et en même temps parler à Mr et Mme Tout le monde… Un exemple : pour les syndicats, ça pose problème de remettre en question la croissance. Le CNCD trouve donc inutile qu’on s’affronte avec eux sur ce point. Et quid des alliances avec le Sud ? Quant aux entreprises, on doit pouvoir parler avec certaines d’entre elles. Il faut brouiller les pistes tracées par les multinationales qui nous piègent dans la polarisation (voir également sur ces sujets l’interview de Nicolas Van Nuffel au lendemain de Rio).

Véronique Rigot (CNCD), sur les objectifs de développement durable : cette proposition émanant au départ du Guatemala et de la Colombie de définir des « sustainable development goals » (SDG) a été surtout soutenue à Rio par la société civile qui revendique que les 3 grands piliers du DD y soient pris en compte et qu’il y ait un objectif de consommation durable. Dans la déclaration finale, on retrouve 7 paragraphes à ce sujet. Des négociations y sont annoncées, sous forme d’un GT avec 30 représentants des 5 groupes régionaux des Nations Unies. Ceux-ci feront un premier rapport sur la structure et les méthodes pour définir les SDG. Les ONG seront attentives à la préparation, à la mise en œuvre et au suivi des SDG. Nous prônons aussi l’utilisation de nouveaux indicateurs et un agenda clair et transparent. Last but not least, il importe d’assurer la continuité avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et que ceux-ci soient dûment évalués au plus tard en 2015. D’ores et déjà, le bilan des OMD est mitigé : on ne les atteindra pas. C’est pourquoi le CNCD s’inscrit dans une campagne de 380 ONG pour l’après 2015.

Sabien Leemans (WWF) : d’une manière générale, le WWF a déploré le peu d’engagements fermes pris à Rio (cfr la terminologie du texte). Cet avis était largement partagé (cfr Magnette, sur place : « Les résultats de ce sommet sont clairement insuffisants. Le texte manque d’ambition et d’engagements clairs. Je ne vais pas cacher que nous sommes déçus »). Ainsi, en matière économique, le WWF regrette que l’internationalisation des coûts sociaux et environnementaux soit envisagée « quand les circonstances le permettent » ! Il manque une vision pour que le modèle économique rentre dans la capacité écologique de la terre. Quant aux indicateurs, « on va démarrer le processus ». Mais celui-ci a démarré déjà il y a 20 ans ! On peut se réjouir qu’il y ait à présent un cadre de programmes à 10 ans des changements de modes de production et de consommation (point 226 de la déclaration finale p. 49), mais qu’est-ce que ce cadre ? Ce n’est pas encore assez clair pour la société civile. De plus les Etats-Unis ont insisté pour que ces programmes soient volontaires. Enfin le WWF déplore qu’il n’y ait pas eu d’engagements en faveur de l’énergie durable (ex par d’objectifs chiffrés pour les renouvelables). Il est bien question de sortir des énergies fossiles, mais pas plus qu’avant à vrai dire. Les océans constituaient un gros enjeu pour le WWF à Rio+20 car à présent, c’est la course aux ressources des océans profonds, c’est une nouvelle ruée vers l’or. Le texte était prometteur mais en dernière minute, le Vénézuela, allié avec les Etats-Unis, a fait reculer le processus de négociations. Point positif : les syndicats veulent investir les fonds de pension dans les emplois verts. Bref, des initiatives restent possibles mais le cadre international est quand même important pour permettre une évolution plus générale. Le WWF est donc déçu de Rio+20 mais prend acte que la déclaration finale est le reflet de l’état du débat DD aujourd’hui.

Voir également l’écho du débat organisé par le Ministre Jean-Marc Nollet sur les Alliances emploi-environnement, dans lequel Antoinette Brouyaux est intervenue au nom d’Associations 21.

L’écho de deux académiques présentes à Rio

Isabelle Cassiers a une impression en demi-teinte de Rio qu’elle trouve symptomatique : le débat sur les changements de paradigme est en train de « mijoter » ! On essaye d’y ajouter notre grain de sel… A Rio, elle a rencontré l’inventeur du concept d’empreinte écologique qui est un formidable communicateur mais ce concept reste problématique dans son utilisation comme indicateur. Elle a aussi été passionnée par l’intervention du 1er Ministre du Bouthan et aimerait aller voir comment on vit derrière cette belle façade…

Sur les indicateurs, il y a un consensus sur la nécessité d’aller au-delà du PIB. Mais au-delà, il faut sortir de la monétarisation, sinon on tombe dans des systèmes de compensation et de marchandisation. Ex la proposition de la Banque Mondiale de l’épargne nette ajustée : elle prend en compte le capital social (éducation etc). In fine ils obtiennent un chiffre mais selon les chercheurs français et belges du projet FAIR, ce n’est pas la bonne méthode. Ce qu’il faut mesurer, ce sont des résultats (ex. pour l’éducation : la capabilité), en tenant compte des limites et des effets de seuil.

FAIR prône des indicateurs qui mesurent la soutenabilité. Cela ne doit pas rester l’affaire des experts. Si on veut avoir une vision globale, il ne faut pas se laisser dicter les instruments de mesure par les instituts de statistiques. Dès lors, selon FAIR, laissons le PIB rester l’indicateur de l’activité marchande et retirons-le du débat public (contrairement à ce qu’on trouve au §38 de la Déclaration finale de Rio où il est encore question de le compléter).

Après quelques exposés devant des publics clairsemés au forum des peuples et dans la conférence officielle (dont Associations 21 a rendu compte), FAIR a pu se faire entendre dans une conférence organisée par le PNUD devant une salle comble, où il avait été dit que verdir l’économie était bon pour les affaires. Là, Isabelle Cassiers a dénoncé la monétisation des indicateurs et a noué des contacts intéressants, notamment avec l’équipe du PNUD qui a développé l’IDH.

Francine Mestrum, membre du réseau international « Global social justice »  rebondit sur la réflexion de Nicolas Van Nuffel: en pleine crise du multilatéralisme, il est en effet important de chercher un langage commun, vu la difficulté croissante dans de nombreux contextes de se parler et de s’écouter. De son côté, à Rio, elle a participé aux activités du Sommet des Peuples pour éclairer le lien entre protection sociale et justice climatique, et a publié récemment une étude intitulée « Pauvreté et droits humains ».

L’échec des politiques de lutte contre la pauvreté était prévisible. On parle d’éliminer la pauvreté mais on ne cesse de la produire. C’est une réalité mais aussi une idéologie : la pauvreté est utilisée. La droite oppose les travailleurs et les pauvres. La gauche dénonce le capitalisme mais ça s’arrête là. On ne planche pas sur les solutions. Il y a aussi de la confusion dans les définitions. Finalement, à part les chiffres des revenus et de la consommation, les autres mesures sont trop arbitraires et subjectives. Dans le contexte actuel, l’accès aux biens et aux services passe par l’argent.

Pour stopper les processus d’appauvrissement, il faut une protection sociale, qui permet de prévenir la pauvreté. Cfr droits économiques et sociaux : la pauvreté est la conséquence des violations des droits humains. Faire respecter ces droits est la meilleure façon d’arrêter de créer de la pauvreté. Riccardo Petrella propose ainsi de déclarer la pauvreté illégale.

Elle travaille plus sur l’idée d’une protection sociale universelle et transformatrice avec des partenaires Brésiliens, Asiatiques, Québecois, Italiens… La protection sociale fait son chemin : cfr initiatives de l’OIT et du Commissaire européen de la Coopération au développement M. Andris Piebalgs. Reste à voir comment lier ce thème aux OMD.

En Europe, en matière de protection sociale, on ne reviendra pas en arrière : beaucoup de choses ont changé (femmes au travail, familles monoparentales, précariat, travailleurs pauvres…) Il faut donc élargir le concept de protection sociale pour qu’il inclue le droit du travail, et ne pas séparer pauvreté et travail. On ne peut défendre les pauvres quand il n’y a pas de droit au travail ou quand ils en sont au point d’accepter n’importe quel travail pour n’importe quel salaire.

Tout est lié, idem pour la justice climatique. On peut modifier les politiques sociales pour prendre en compte les problèmes environnementaux et donc inclure le droit aux ressources naturelles dans la protection sociale : on atteint là des droits humains collectifs. C’est du droit de 2ème génération, moins accepté que les droits de 1ère génération (individuels). La 3ème génération est le droit de solidarité.

Les droits humains sont donc encore surtout individuels, car fondés sur les droits naturels. Après la 2de guerre mondiale, la société a eu pour mission de préserver les droits humains collectifs en assurant la protection sociale. Dès lors, préserver la société devenait un objectif prioritaire. Puis avec le néo-libéralisme des années 90, l’accent a été remis sur les individus.

A présent on redécouvre la fonction du lien social avec, à Rio, la rencontre des peuples indigènes qui lui accordent beaucoup d’importance (Buen vivir, Pachamama). Une alliance internationale est donc en train de se forger pour défendre les Biens communs de l’humanité, sur base d’une synthèse des travaux d’Amérique Latine et de visions occidentales…

Réactions des associations

Luc Lefèbvre, Lutte Solidarité Travail : apprécie l’approche de Francine Mestrum. Pour LST, l’inclusion est une farce. Inclusion dans quoi ? Le mauvais plateau de la balance ? LST éclaire sur l’utilité des pauvres : c’est utile pour tout le monde d’aborder chaque sujet au départ des réalités vécues par les plus pauvres. De ce point de vue, la violation des droits de l’homme, ce n’est pas la pauvreté, c’est l’accaparement.

Il ne faut pas être naïf sur les intérêts divergents au sein de l’associatif. D’où l’enjeu de redéfinir ensemble les choses, de les renommer, ce que les indicateurs contribuent à faire. On s’en rend compte aussi dans le débat en cours au niveau wallon sur les indicateurs : selon les personnes pauvres interrogées, la solidarité est l’indicateur n°1 !

Maggy Poppe, Vrouwenraad : son organisation suit de près les travaux de Rio+20 et va travailler sur les SDG, notamment sur ce qui ne figure pas dans la déclaration finale. Ex la surpopulation : là on touche au patriarchat, à la religion… On parle de droits humains mais quid des colonisateurs ? C’est toujours la loi du plus fort, entre êtres humains, hommes / femmes, mais aussi entre humains et non humains. Réf à Jaap Kruythof : « l’homme n’est pas la mesure mais celui qui mesure ». Maggy a transmis son analyse de la Déclaration de Rio, elle est disponible pour toute personne intéressée.

Alain Dangoisse, Maison du DD de LLN : à propos des réflexions de Nicolas Van Nuffel sur les alliances entre les différents groupes majeurs, la MDD entretient à LLN un dialogue permanent avec l’UCL (où en matière de DD règne un profond conservatisme culturel) mais également avec d’autres acteurs sociétaux comme des entreprises qui ont participé activement au forum OPOP. Il faut remodeler la manière de penser. Sur l’accaparement, il souligne le travail important mené par Ekta Parishad en Inde mais aussi au-delà à travers le réseau international qui soutient ce mouvement global pour la survie immédiate sur base de la souveraineté alimentaire. Au nord, des espaces de transition sont à négocier avec les pouvoirs publics pour permettre l’expérimentation.

Marie Cors, IEW : au niveau wallon, Rio est devenu une opportunité pour mettre au travail le gouvernement wallon qui piétinait avec sa stratégie. A présent le CWEDD est en train de formuler un avis sur l’avant-projet de décret qui prévoit que chaque gouvernement wallon devra formuler une stratégie DD. Associations 21 devrait également faire un avis sur ce document. Idem pour les indicateurs complémentaires au PIB : actuellement il y a une consultation sur le choix de 4 indicateurs, sur base d’une étude de l’IWEPS : indice de situation sociale (satisfaction des besoins + aide sociale et culturelle) – indice de bien-être (qui agrège l’IDH et les travaux de l’IWEPS), empreinte écologique et indice de santé de l’environnement (il ne s’agit pas ici de santé environnementale mais de santé des écosystèmes). 2300 personnes ont participé à l’enquête publique sur les indicateurs. On voit ainsi que les questions posées au début ou à la fin d’un panel citoyen de 3 jours, suscitent des réponses différentes. Cela montre l’importance de la délibération interne et de la réflexivité.

Brigitte Gloire : cet échange conforte l’importance d’une approche basée sur les droits ; il faut toujours réinsister sur l’équité et la redistribution, c’est notre pilote. Prônons l’égalité dans l’usage mais également dans le contrôle des ressources ! Cfr la « raw material intiative » de l’UE : l’enjeu est important puisqu’il s’agit des accord multi- et bi-latéraux pour garantir notre accès aux ressources.

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Le Bureau européen de l’environnement suit la question mais peu d’autres associations suivent cela. Or, en termes de prédation et des bénéfices que peuvent tirer les populations du Sud, il y aurait beaucoup à dire (cfr ci-contre, proposition formulée par la société civile à Rio d’une « loi sur les commons »).

Jean-Pierre Pinet, ATD Quart-Monde : avant Rio on avait peur que la lutte contre la pauvreté soit oubliée. Ça n’a pas été le cas mais ce sont les pauvres eux-mêmes qui ont été oubliés ! Cfr le sous-prolétariat créé en Europe ; on ne parle plus de protection sociale en termes de solidarité mais de revenus du travail.

Nicolas Van Nuffel : cfr le traité d’austérité, nos états abandonnent pour le long terme la possibilité d’avoir des politiques sociales et environnementales.

Lidia Rodriguez du Monde selon les Femmes : ça lui fait peur quand on parle de parler d’une seule voix, vu le risque que des préoccupations s’imposent au détriment d’autres, marginalisées. La (bio)diversité associative est aussi importante. Cette préoccupation était au coeur de la création d’Associations 21. Il faut mettre au point une méthodologie qui permet que tout le monde se’y retrouve. Ainsi, on ne parle pas ici des migrants : c’est une dimension importante à intégrer, pour garantir leurs droits mais aussi pour leur permettre d’apporter leur contribution.
 

Réforme du CFDD

Suite à la réforme du CFDD, les ONG d’environnement et de développement ont désormais moins de sièges au CFDD. Ailleurs aussi, on constate un rétrécissement de la participation organisée, cfr ce qui s’est passé au niveau du suivi du Rapport Général sur la pauvreté : le Service de lutte contre la pauvreté va se muer en ministère ! Le discours est lissé…

Conclusions

A propos de discours lissé, l’AG approuve la proposition faite par Antoinette Brouyaux d’adresser aux représentants de l’Etat belge au Sommet de la francophonie un message pour attirer leur attention sur la traduction inexacte de « Mother earth » dans la version française de la déclaration finale (§39). Ce terme qui traduit fidèlement Pachamama, à l’origine de ce paragraphe, est traduit en français « Terre nourricière » et non « Mère terre »(cfr en ligne « Pachamama s’invite à Kinshasa »).

Paul-Marie Boulanger, IDD : c’est l’occasion de rappeler que les problèmes de traduction ont commencé il y a 25 ans avec le mot « soutenable » traduit par « durable » !

By |2012-10-26T17:16:41+00:00octobre 26th, 2012|Categories: Rio+20|Tags: , , , , |0 Comments

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